Les 4 Vents

0.5

Faut que je vous dise que régulièrement, les lecteurs me font part de leurs expériences de table. J’aime bien.

Un m’avait conseillé ici, le bon plan, l’escalade aux rideaux, le cocotier, le gros lot, la timbale. En plus, je fais partie des personnes n’ayant jamais préjugé de la catégorie « routier ». J’y suis donc entré la fleur au fusil et l’appétit en éveil. Un bar des années 70 où s’accoudent des coudes et s’enfilent des coups sous une lumière trop jaune, des frigos en plaquage de formica rose et vert, un sympathique cuisinier un peu rougeaud en habit de lumière usé qui fait causette au client, et une serveuse. Une affiche d’écolier indique « les consommations et le repas sont à régler avant de passer à table ».

Ça met d’emblée une ambiance. Tu m’étonnes que la fréquentation soit à marée basse: bien peu de monde pour un 13h de semaine, bien peu de monde pour un routier sur la RN7. Alors je me suis assis en serrant un peu les fesses: où suis-je tombé? M’arrive une feuille d’école avec le menu du jour avec choix: 13,60€ et rien d’autre. J’opte rapidement pour le « couscous » en plat et du coup, je vise la légèreté en entrée avec une « salade de tomate » avec des feuilles de salade en sachet et un coin de macédoine en boite comme à la cantine. 12/20. Le couscous est complètement nul, de l’assemblage de produits congelés, sauf la graine, tout juste hospitalière. Les légumes décongelés sont fades, mous et gorgés d’eau comme il se doit. La cuisse de poulet précuite par le sous-traitant est ajoutée à la dernière minute, plouf. Les boulettes décongelées sont les mêmes que celle de la cantine de nos pauv’ gosses. Les deux merguez avec des bouts d’os dedans semblent cuites à la vapeur. Jus clair, flotte rouge. Je n’ai jamais aussi peu mangé d’un couscous, c’est vous dire la misère. 7/20.

Vu que côté bar j’avais zieuté le contenu du congélateur exposé sans complexe, je ne me faisais aucune illusion quant à la provenance du « Paris-Brest ». Vu son passage par les températures fortement négative, on même peut dire qu’il s’agit d’un « Paris-Iakoutsk-Brest » en référence à une ville glaciale du nord de la Russie. Certes, la chose pâtissière industrielle est servie à température ambiante, mais elle est molle et orné d’un délicat pétale de persil ou dans le genre. 5/20. Pain crapuleux de grande surface. Même pour 15€ tout rond avec le café moyen, voilà bien une adresse qui ne fait pas honneur au genre routier, pour ne pas dire déroutante.