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Cette critique n'est (peut-être!) plus d’actualité!

Les 3 Brasseurs

Oui: une franchise. Ça va faire ronchonner les moralistes de tout poil et les dogmatiques à plumes!

On s’en tape un peu: avec Mauricette, on a aimé! Nous en sommes les premiers étonnés! « Les 3 Brasseurs » sont installés depuis fin mai 2017 en lieu et place de l’ex « Chalet Suisse » à la Valentine, là ou tant d’autres franchises de tables et d’indépendants de la bouffe peu scrupuleux flinguent le moral et l’estomac du chaland déjà déprimé par l’atmosphère mercantile imposé par les grandes surfaces qui pullulent dans le coin. Bref! Architecture de style néo-industriel, métal, boiseries et banquettes. La maison-mère nordiste a pigé que faire une franchise comme les autres était plutôt idiot.

Alors ils ont fait du bon, et même du fait au moins partiellement sur place, y compris les bières: une performance! La carte récite le nord de la France et l’Alsace-Lorraine, plats bistrots: flammekueches, fish&dips sauce tartare, souris d’agneau à notre façon, hamburgers très personnels, quelques choucroutes, pot’jevleesh, carbonade flamande, welshs, mignon gratiné au Maroilles et quelques plats sudistes… Avec Mauricette, une table. Un monde… n’empêche que la dame s’occupant de nos cas est d’une affabilité qu’on ne croise plus. Ça nous a presque ému. Faut dire qu’on ne s’y attendait pas non plus. Encore moins à l’odeur alléchante de la « choucroute 3 Brasseurs »: saucisse fumée, knack, kassler (filet), saucisson à l’ail fumé, poitrine fumée, pommes de terre.

Chou frais cuisiné au Riesling, croquant. Remarquez qu’au moment du test, c’est la saison ou jamais. Charcuterie de qualité, moutarde en grain: avec ses 50cl de bière de la maison, Mauricette est sur un nuage. Surtout après. 15/20 pour 16,5€… bière à 2€ incluse! Pour faire le tour du proprio: « l’assiette gourmande des 3 Brasseurs »: os à moelle, mini-carbonade, mini pot’jevleesh, mini-welsh. Sauf que la somme de minis fait un maxi d’autant qu’en prime, la maison livre des frites. Copieuse plâtrée, je n’ai pas mangé de pain. Plats inégaux, certains ne s’accommodant pas très bien de petites portions comme le pot’jevleesh (terrine de viande): attention aux températures. 14/20 pour 16,5€.

Je me préparais à pouffer de rire avec le dessert « tarte à la bière ». Les desserts des franchisés vous comprenez… sauf que la pâte sablée est légère comme une libellule. Sobre, comme sortie de la vitrine d’une pâtisserie. 14,5/20. Etonnant… mais pas tant que ça. J’apprends que la boutique est tenue par un certain Olivier Yaouanc qui fit les beaux jours du « Petit Chaperon Rouge » cours Pierre Puget au centre-ville. Dans ses bagages, le chef Ronald Nocerino: il tient les cuisines ici. Car il s’agit bien d’une véritable cuisine malgré les quelques facilités d’une carte adaptée à tout type de clientèle. Bravo.