Les 2 Muriers

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J’ai un attachement particulier aux cas isolés.

Je veux dire que cette adresse est à l’écart des grands axes et décentrée du centre-ville. L’endroit présage souvent d’une obligatoire application à l’ouvrage: pas le choix pour rameuter la foule. Avec le recul de mon expérience du jour, c’est un peu comme si je m’étais pris un manche de râteau dans le pif: l’assiette d’ici est d’une grande maladresse. Et c’est pas faute d’essayer à être originale. Le serveur tonique et prompt à sourire aime vraiment son boulot et sans lui, le moment était pire. Menu complet à l’ardoise avec 4 choix à chaque étage pour 17,5€. Menu curieusement proposé à 17€ à l’extérieur. Enfin bon.

« Rillettes de thon aux baies roses ». Une verrine avec une bancale purée trop fine, décorée d’une tomate confite, trop de baies roses. A côté, de la salade verte en sachet barbouillée d’une sorte de grenadine. Nul. 9/20. La « bavette d’aloyau sauce échalote » trempe dans un abondant fond de sauce en poudre qui dégomme le gout de l’échalote. Echalote en quantité infime de toute façon. Cuisson de la viande comme demandée. Purée écrasée fourchette qui fait l’effort d’être cerclée, mais elle n’est pas du tout salée et avec plein de bouts d’herbes dedans. On se rapprochait dangereusement du style « cuisine d’auteur », mais y avait encore de la salade verte en sachet qui trempait dans la sauce, avec une délicieuse vinaigrette à l’huile de noix, pourtant. 11/20.

Il faut un peu lui tirer les vers du nez, mais le serveur avoue que « tous les desserts ne sont pas maison ». Ah! le fameux « mi-cuit au chocolat noir et beurre salé »! Arrivé en moins d’une minute! Un réchauffage au micro-onde est plutôt commun dans cette sphère de tarification étudié pour les midis pressés des clients exigeants. Ce qui n’est pas une raison suffisante pour autoriser une précuisson carbonisée, ni pour finir les fonds de tiroir sur le compte du VRP de passage. En plus, il est farineux ce mi-cuit qui n’est pas mi-cuit. L’effort de présentation avec des zigouigouis sur l’assiette de topping et de chocolat en poudre de perlimpinpin est vain. 6/20. Bref! Cuisine laborieuse de bric et de broc. La terrasse n’est pas encore en service au moment de mon test, la salle nappée est charmante dans son contexte tapissé et cinématographique des années 50/60. J’ai déjeuné sous le regard de Montand, Gabin, Gina Lollobrigida et Michèle Morgan, entre autre. Et ça, c’est pas du cinéma.