Le Salon D’Isa

4.5

Des trucs bizarres dans notre vie on en a vu un paquet, on en a même mangé des brouettes.

Aout: Pierrelatte-centre ressemble au décor d’un western des années 60, désert, village abandonné, buisson qui vole dans la poussière. Avec Mauricette, ça nous choque. Alors qu’on promenait nos tongs dans la vieille ville, elle commente avec son sens de l’humour si particulier: « on peut pas dire que ça irradie de joie ». Ambiance d’autant plus triste que des traces d’un passé radieux existent. Bref! On a hésité entre deux ou trois tables au profil visiblement sympathique dont celle-ci. Non. C’est pas vrai. En fait on s’est pris un orage sur le pif alors qu’on était juste devant. Cela dit, bon numéro. Même si on reste planté (trempés) derrière la porte un trop long moment. On croyait entrer dans un restaurant, nous voici dans une boutique déco façon bonbonnière. Mauricette connait. Elle est abonnée à un tas de magazines déco qu’elle pose sur sa table de salon en plastique orange achetée chez GIFI.

Après un petit cri de souris elle dit « harmonieux, maison à la déco gustavienne ». Romantique, du blanc et du coton y compris sur les tables, des recoins planqués décorés avec personnalité dans le même esprit et où l’on peut manger aussi. Et au fond de cette maison de village repensée, une cuisine haute de plafond qu’on traverse pour atteindre à l’étage les coquettes toilettes. Bref! Le midi, menu 15,50€ avec alternatives. Et formule à 13,50€. Honnêtement, on n’y croyait pas trop. Je tente la « salade du moment ». Petites tomates-cerise, feuilles de salade verte fraiche, jambon cru de qualité, ravioles de Royans poêlées froides, melon sucré. Frustration: pas de fromage. On m’a pourtant dit que la spécialité de Pierrelatte était la tomme. Enfin bon. Excellente vinaigrette dopée à l’huile de noix, je crois. 14/20. Gros succès de la « tarte poulet au curry » de la dame au chapeau vert. Un régal qu’elle dit! 14,5/20. Elle poursuit avec la « salade repas du marché » qui n’est pas la salade du moment.

Ah ben le voilà le fromage! Un chèvre chaud entier sur toast grillé, tomate mûre de pays, lardons poêlés, et une sorte de terrine de légumes extra! Fait maison indiscutable! Pas du Métro ou Davigel! 14,5/20. L’autre possibilité du menu est « gigot d’agneau mariné au romarin ». Tranche délicieusement ferme, courgette cuisinée et une louche d’aubergine à la parmesane d’exception. Les vraies. Pas d’emmental envoyé au tractopelle ni de concentré de tomate au gout de métal: délicatesse et fruité! 15/20. Bel effort de cuisine, sincérité sur toute la ligne. Des p’tites sauces, des p’tits jus… Des épices fines et parfois lointaines, des herbes délicates… Je rappelle que nous déjeunons sur une formule à 13,50€. Je suis déjà trop long à la prose, vous n’avez qu’à aller sur place si ça vous intéresse.