Le Saint-Amour

4.5

Superbe village, curieux aussi.

On se situe proche de l’eau, mais bien peu de signes le démontrent car c’est tout plat partout, emmuré, comme un nombril obligé. Pas d’œil à l’eau, quoi. L’affluence touristique de fin octobre est surprenante, un peu comme si l’été sera chaud mais c’est bientôt l’hiver. Plein de monde sous le soleil, des rues avec des pièges à touristes qu’on renifle à plein pif, c’est affolant la concentration de restos bidons. De quoi faire un trimestre entier de zéros dans « Le Bouche à Oreille ». Et puis, nous rencontrerons Viviane Régis qui tient de superbes chambres d’Hôtes dans le beau village (Maison de mon Père). Elle nous conseille 3 ou 4 adresses dont les p’tits nouveaux du « Saint-Amour ». Avec son chapeau vert et ses faux-cils de drag-queen à la retraite, Mauricette m’a regardé avec les yeux de Juliette: je serais son Roméo.

La petite boutique est à deux pas de la place Saint-Louis et ses tables navrantes. Dedans, salle un peu froide et moins romantique qu’elle voudrait l’être, mais ça viendra. D’emblée les codes maitrisés de la cuisine gastronomique sautent aux yeux. Je veux dire les couleurs, la circularité des présentations, la verticalité… Comme avec « foie gras de canard mi-cuit », cuisiné nature, un peu de piment d’Espelette sur sa tonsure 15,5/20. Mes « œuf en meurette, copeaux de foie gras frais » sont servis dans une assiette creuse. C’est bon, ça fleure la lyonnaiserie à plein pif. Œuf un poil trop cuit, il ne coule pas. 15/20 quand même. Frustration avec mes « rognons de veau poêlés, pommes de terre sautées ». Cuisson précise de l’abat (en tous cas comme demandé), mais les patates ne sont pas « sautées ». Juste cuites à l’eau et colorées à la poêle. Pas pareil. 14/20.

Monumentale « quenelle de brochet, crème de cèpes et morilles » de Mauricette. Servie gonflée et brûlante, crème gratinée du diable. 15,5/20. Desserts? Non merci. Cuisine ouverte, ça sent bon, cagettes de chanterelles et de légumes frais sur l’étagère, pain de vrai boulanger sur la desserte, vins locaux et d’ailleurs aussi. Un couple arrivé de Lyon passé par la fameuse école « Rabelais » qui transmet ici son histoire et sa cuisine, tout en proposant des plats du sud et des produits locaux. On est sorti guillerets comme des tourtereaux de l’endroit, un peu vide ce midi. A deux pas, les terrasses pour manger de la place spécialisée dans le tir aux pigeons étaient bondées.