Le Robinson

1

Ah tiens? Et elle? Elle devient quoi la boutique plagiste du groupe Stéphane Lelièvre, restaurateur tentaculaire varois?

Sérieusement épinglée par « Le Bouche à Oreille » au début des années 2000, avec Mauricette on s’est dit que pour voir les surfeurs aux gros biscottos qui se sont fait le maillot, y avait pas meilleur endroit pour mater la mer démontée et être (presque) à l’abri du vent derrière les baies vitrées. L’accueil est juvénile et poli. Tout le monde salue et même plusieurs fois. Toujours amusant les automatismes dans la profession. Ça sent le coaching à plein nez, le management forcené. En même temps, mieux vaut ça que le contraire! Bref! On nous installe au bord d’une vitre. Sur le cadre en alu de la baie, ya du sable, comme sur le set en papier et la serviette en coton blanc par ailleurs largement incongrue dans ce contexte de camping. Avec ce sable au niveau des joints, plein d’insectes diurnes ou nocturnes passés de vie à trépas depuis belle lurette. Ça fait désordre et surtout, ça fait pas le ménage.

Les pschitts de vinaigre et d’huile d’olive en bouteilles plastiques sont gras du goulot, le sable s’y colle. Par contre, le sable a beaucoup de difficulté à s’agripper aux nombreuses toiles d’araignées dans les coins de la terrasse. Vus les tarifs, l’aspirateur et la serpillière seraient pourtant vite amortis: 6 entrées de 16€ à 21€ (boing), 8 plats qui grimpent à 29€ (glup). La dame au chapeau vert décide de sauter l’entrée pour direct « brochette d’agneau grillé et frites maison (Agata) ». Elle s’attendait au pire, il ne viendra pas puisqu’elle loue la tendreté de la viande, rosée à cœur. Autant de poivron et d’oignon crus est dommage. Les frites sont maitrisées et très peu grasses. Elle sort un 13/20 pour le moins cher des plats à la carte: 17€. Il faut louer le cuisinier exécutif qui se débrouille bien dans ce contexte minant de serveurs automatisés et de clients qui s’empiffrent à 60% de hamburgers et de frites. C’est affolant.

Il m’a servi un « dos de cabillaud à la peau, roseval écrasée, sauce vierge ». Sinon la purée tiède trop puissante en thym, le reste est formidable: poisson en portion généreuse cuit au cordeau, et la meilleure vierge de l’année: huile d’olive avec (en quantité) pignons, tomates, olives noires, cébettes, citron, basilic. On sait qu’elle est faite du jour car tonique et non macérée. Bravo: 14,5/20 pour 24€. Ce qui est bigrement lourdaud pour la CB et pénalise de fait le rapport qualité-prix. Le café à 3€ en ajoute une couche au traumatisme. Le pain industriel individuel est lamentable, une fin de carton de l’avant-veille au goût de carton. Point de vue alimentaire, ce pain sera finalement le seul gros grain de sable.