Le Patio

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Etablissement central du village, sur la place et devant le jeu de boules.

Emplacement majeur, comme on dit. Il se trouve qu’en plus de cet avantage, le restaurant de Julien Févriero est essentiel. Tant de tauliers se reposent sur leurs lauriers quand la nature les gâte. Julien Févriero lui, il pourrait cuisiner à Papeete ou à Saint-Georges-des-Groseillers, ça ne changerait pas d’un poil d’abricot sa façon de faire. Ce trentenaire passé par l’école de Bonneveine à Marseille a toujours préféré travailler le produit frais et se remuer le ciboulot pour trouver des recettes. Tiens, ce jour en plat du jour: aillade de lapin! Une recette de grand-mère qu’on trouve dans la bible de la cuisine provençale, le fameux Reboul! Bref! Terrasse comble, pas grave: je préfère les intérieurs. Les intérieurs, c’est bien. Ça donne souvent une idée juste du rythme de l’année en dehors de l’été, de la rigueur dans les coins, de la musique du service. Et ce service mes petits lapins roses, c’est du caviar.

Dans le genre classique souriant, une jeunesse impliquée qui joue la partition de la brasserie soignée avec les codes du vrai restaurant: verres à pied astiqués, serviette en tissu blanc, couverts au vinaigre blanc. Le patron-cuisinier peut dormir tranquille en cuisine. Mais ça va pas être possible vu le monde, pas aujourd’hui, ni demain d’ailleurs. Eté comme hiver, tôt le matin et tard le soir. Un sacerdoce. Le piège du cuisinier: la passion. Tant mieux pour ma pomme. « Le pressé d’aubergines aux fines herbes » est délicat, comme un millefeuille du légume confit. A côté pour trempouiller le gressin ou le bon pain, un généreux coulis de poivrons au piment d’Espelette. 15/20. Poisson extra frais cuit au cordeau pour « le filet de daurade royale snacké, caponata, sauce vierge ». Je préfère la caponata froide, mais j’ai tout boulotté. 14,5/20. Un délice d’été!

« La nage de melon et pastèque glacée à la menthe »! Des billes de fruits sucrés au naturel, quelques fruits rouges qui signent une vraie générosité, un jus du diable. 15/20 facile, très beau en plus! La performance culinaire est d’autant plus percutante que certains services, on s’y bouscule au « Patio »: 80 clients ce midi, ça rigole pas. Loin du tumulte du littoral, une table dans le mouvement et totalement actuelle, et qui affiche pourtant une rigueur que j’oserai qualifier « d’un autre temps »… quitte à être qualifié de passéiste. Allez hop! On fonce dans le présent chez Julien Fevriero, à La Crau. Vous me remercierez après.

TERRASSE – CENTRE VILLAGE – BISTRONOMIE – ACCUEIL GROUPES