Le Nicois

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Encore du changement pour ce coin de resto de Port-Fréjus face à la fameuse passerelle et aux bateaux qui vont sur l’eau.

La statistique voulait qu’à la suite des deux anciens proprios le troisième tienne la route. Pas de pot: on verra pour le quatrième. Déjà, la patronne fait la tronche. C’est embêtant pour le client, le jeu étant qu’il revienne. Après observation, il est remarquable de noter à quel point elle sourit et dit bonjour aux connaissances qu’elle connait. On n’a jamais vu personne reconnaitre quelqu’un d’inconnu. Ça sent bon l’ambition de créer un « restaurant d’initiés ». Si t’aimes pas, tu vas ailleurs, on te retient pas. Enfin bon. Bref!

Une fois assis, elle m’amène l’ardoise. Beignets de calamars (6 pièces) 9,9€, salade de chèvre chaud 8,5€, filet de bar sauce citronnée 20€, burger 13,50€… une dizaine de propositions. J’avais mémorisé sur l’ardoise à l’entrée: « merlu beurre citron ». Cette formule pour attirer le chaland n’est pas exposée à table, faut demander. Des fois que le client commanderait à la carte, vous comprenez. Alors avec l’air bête qui me va naturellement au teint, je demande s’il existe une « formule du jour ». A voir son visage, un monde s’écroule. Oui qu’elle me dit dépitée. Qu’est-ce? Elle regarde sa collaboratrice dans sa cuisine ouverte d’un air blasé et fait mine de chercher. « Du merlu » qu’elle me dit, sans autres détails: je l’ennuie. Va pour le « merlu beurre citron » de la formule à 16€. Assiette sobre, qui n’a pas les moyens de ne pas l’être. Un bout de poisson poché archi-cuit de provenance douteuse, sec dans les coins, sur peau. Recouvert de sauce dont l’intérêt essentiel est d’humidifier l’ensemble. Du riz et deux quenelles de haricots verts cuisinés avec carottes, oignons et gras: c’est de loin le meilleur dans son côté bricolo « comme à la maison ». 7/20 pour l’ensemble.

Le « carpaccio d’ananas coulis caramel » remonte la moyenne et pourtant, le cœur y est. Je veux dire, le cœur de l’ananas dur comme du bambou n’est pas ôté. Faut voir le bon côté: « ça donne de la mâche » comme dit mon dentiste quand il regarde « top chef » à la télé. 12/20. Le problème des cuisines ouvertes, c’est que quand tu fais des grillades et des frites, faut pas oublier de mettre en service la hotte, sinon tu renifles des cheveux jusqu’au soir. On ne va pas trop charger la boutique, d’autant que le contexte concurrentiel local n’incite pas à tirer vers le haut la qualité de la prestation de restaurant dite balnéaire.