Le Monde Des Saveurs

0.5

Il s’agit de l’ex-Firenze brièvement référencé de façon positive par nos services voilà quelques années.

De l’extérieur, rien ne le démontre avec certitude car tout est éteint, aucune lumière. Seule l’ardoise extérieure tente de prouver que la boutique est ouverte. Mais elle a du mal. Deux ou trois tables occupées, ça entre au fur et à mesure pour finir à la quinzaine de clients en fin de service. La demoiselle du service est plutôt sympathique, on sent bien qu’elle n’est « pas du métier » comme on dit. Faut voir à l’usage: faut réclamer à boire, faut réclamer le pain. Même que mon voisin d’infortune, faut que je lui en refile un morceau en attendant le sien. Enfin bon. J’ai échappé aux plats de la carte.

Le menu à 15€ avec « saumon fumé ». M’arrive une assiette avec beaucoup de salade non vérifiée un peu moisie pour quelques feuilles, de la tomate, de l’oignon grillé en sachet, deux bouts de rondelle de citron et un peu de saumon quand même, mais pas beaucoup. Comme le reste de l’assiette, saumon badigeonné de balsamique. Amoco Cadiz? 9/20. Plat du jour « filet de merlu ». Un truc pané de cantine scolaire, pauvres gosses. Moi qui prétend souvent qu’un plat du jour est souvent mieux foutu que le reste. Comment sortir un truc pareil? Au marché, le cuisinier n’a pas dit bonjour à son poissonnier qui ne lui a pas répondu « tiens amigo! J’ai du merlu pas cher aujourd’hui si ça t’intéresse! » Et hop. C’est un procédé de cuisinier trop simple et pis faudrait pas ouvrir la boutique à 11h45. Bref! Du congelé basique. Même tartiné de mayo en sachet, ça passe pas. Avec: salade avec balsamique (encore), tomate provençale pas cuite avec de la sciure, riz basmati à l’eau et aux herbes de Provence. Le tout froid car l’assiette est froide et qu’il fait froid. La serveuse a repris l’assiette encore pleine, elle n’a rien dit, elle est habituée. 7/20.

« Tous les desserts sont maison ». Même la « tartelette aux fruits »? « Oui môssieur » qu’elle me dit la petite. Vrai qu’aucun industriel n’aurait idée de faire un truc pareil. Une base sablée de biscuit acheté dans le commerce ramolli dans le frigo depuis une semaine par une mauvaise crème pâtissière avec des bouts de fruits approximatifs incernables. Du mou infect servi dans une soucoupe de tasse à café, immangeable. 4/20. J’ai bien compris qu’il faudrait s’esbaudir qu’une jeunesse volontaire ose avoir le courage d’ouvrir un restaurant dans ce quartier compliqué. Qu’on leur explique qu’avant de vouloir gagner de l’argent, faut apprendre le job. Et ne pas écrire « 100% fait maison » quand c’est loin d’être le cas.