Le Maurin Des Maures

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13h45. Derrière le bar, le serveur fait lourdement croire au chaland tardif en l’accueillant alors même que la salle est encore pleine aux trois-quarts, à un privilège rare de sa part.

C’est malin: une fois assis, on ne pourra rien lui refuser. En salle, l’autre serveur aime son boulot. Il discute avec la clientèle amusée, s’intéresse à elle, sourit à tous vents… dommage qu’entretemps il balance à tous vents son pschitt pour décaper les tables devant mon pif de nouvel arrivant qui boulotte déjà la « quiche lorraine » du menu du jour à 17,50€. Elle est bonne, salade de décoration en sachet inutile, oui je sais, c’est pour faire joli mais la salade, j’aime bien la manger. 14,5/20.

Le « filet de daurade sébaste, ratatouille » est planqué dessous, poisson trop cuit et tiède dans son bain de sauce, brunoise de ratatouille du jour agréable, chichipanpan de poudre orange inutile là aussi. Une déco reflexe des années 80 qui m’épuise. C’est qu’avec 380 repas par an au compteur et toute cette poudre orange, depuis le temps mon estomac doit ressembler à la salle de bain des frères Ripolin. Souvent j’entends: « oui mais les gens aime bien ». Je suis « un gens » et j’aime pas. 12/20. Dessert miracle avec un « baba au rhum » proposé en remplacement des desserts du menu. Pas radin sur le rhum, en plus. 14/20.

Service d’une belle amabilité, café (offert) excellent, mais pain complètement nul: baguette trop blanche moulée à la farine de basse qualité. Vue panoramique d’exception, ce qui explique bien des choses sur l’affluence considérable à certaines époques de l’année. Maintenir un niveau de cuisine optimisé « a minima » en fonction du contexte est donc le jeu. Carte qui parait longue à vue d’œil mais il est possible que derrière, un personnel suffisant s’affaire. C’est ainsi que le menu à 30,50€ propose 6 entrées et 6 plats, quand même. Institution du charmant village impeccable pour frimer devant des cousins parisiens ou votre banquier.