Le Maicky's

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Etonnante petite table devant la gare de Toulon, coincée entre deux plus grandes.

A tel point qu’on pourrait la louper en marchant trop vite. Sauf que je déambulais peinard, attendant avec ma sacoche usée de VRP et mon désœuvrement un peu mou un ami qui arrivait de la capitale par le rail. Oui, j’ai encore quelques amis. Etonnant non? Bref! Vue la négative réputation culinaire de tels emplacements, autant vous dire que je ne faisais pas trop le malin, me jurant de ne pas me laisser tenter par des lasagnes ou des petits farcis qui seraient des grosses blagues de recyclage. Et puis. Un serveur bien cordial, une salle pas trop grande coincée entre un long comptoir et une ardoise murale géante ou tout est dit. Des formules plat+dessert avec sobriquets variés et 4 possibilités: formule du boucher (14€) avec côte de porc braisée et entrecôte grillée au poivre… formule burger (14€), l’italien, le savoyard… formule salade (12,5€) César ou Corsica, œuf cocotte saumon fumé… Et la formule du voyageur à 13,50€ ou le cuisiné est de mise.

Ce jour, blanquette de veau, lasagne au bœuf ou un « Parmentier de bœuf au figatelli ». Oui, je sais: lasagnes… Les copains, m’est arrivé sous le nez un gros bol qui sortait du four et qui sentait bon. C’était lui. Fallait attendre un peu, ça brûle. Générosité de mise, on sent bien le cuisinier bienfaisant, pas calculateur dans le grammage. On se croirait dans une auberge de campagne. Fromage fondu dessus, croustillant autour, (trop) gros morceaux de figatelli, quand je vous dis que le cuisinier ne compte pas. Je me suis régalé, tout fini. 14,5/20. Dessert bien fait, on sent l’idée pâtissière. Je dis ça par rapport aux horreurs coutumières prétendues « maison » qui ne le sont pas. Une « crème caramel au beurre salé » sobre et efficace. 14,5/20.

Et puis une dame que je croyais être la cuisinière est venue tout sourire au comptoir échanger quelques mots. Je la félicite pour le plat, elle me dit « moi je fais la plonge le chef n’est pas là aujourd’hui ». Adorable. L’addition siouplé! Au dernier moment le serveur aimable jusqu’alors fait son cinéma: « on prend pas la CB… machine en panne… un chèque oui, c’est possible… ». Je lui remets: « oh non m’sieur, faut pas mettre l’ordre sur le chèque, je vais me faire disputer par le patron ». J’ai donc refait le chèque, il commençait à presque pleurer. Ou comment finir en disgrâce alors que le petit moment était de toute beauté dans sa simplicité humaine et sa vélocité cuisinée.