Le Grand Puech

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On vous reçoit un peu comme si vous étiez Louis XV et Madame de Pompadour dans un cadre à l’ancienne éclairé par de grandes ouvertures orientées sur le vert du Puech, tables avec doubles nappages sur des tables amplement séparées, verres et couverts dressés au millimètre.

Boudiou, du pro, ça rigole pas. Et puis… Cartes en main, on attend 20 minutes alors que nous ne sommes que 6 clients. Re-boudiou: 4 entrées de 18€ à 25€ (œuf parfait à 20€), 5 plats de 25€ à 60€ (filet de loup à 30€), 6 desserts entre 8€ et 12€ (cheese-cake à 12€). Et puis une formule midi à 16€ et la totale à 20€. Menus à 38€ et 52€. Qu’on évite avec Mauricette vu leurs contenus à faire transpirer un comptable islandais. Bref! Le patron-serveur revient: vous avez fait votre choa? Ma pomme, les yeux brillants: « pigeon des Costières » (30€) pour moi m’sieur! « Ah bah on n’a pas été livré ». 20 minutes qu’on furète quoi bouffer et l’autre minaude « ah bah on n’a pas été livré ». Sur 5 plats possibles, deux sont indisponibles. « Mise en bouche pour patienter » qui dit. Deux n’auraient pas suffit vu le temps passé avec la dame au chapeau vert à nous regarder dans le blanc jaune de nos yeux fatigués!

Un « gaspacho » pimenté à dominante concombre, frais mais et non salé. L’impression de boire un jus bio dans un resto vegan qui ne veut pas faire souffrir les marais salants. Aucune salière sur les tables. La maison n’a pas été livrée en salières, non plus. 8/20. Pour moi, formule du jour et « rosbif au vin rouge, risotto d’épeautres ». Deux tranches de viande dure réchauffée (ça ne pardonne pas), jus bien. Dans un bol, un faux risotto froid travaillé comme une salade, oignons, tomates, persil… 11/20. Un gros canular, le « turbot en croute, fleur de courgette au citron confit, jus de bœuf épicé » de Mauricette. Choucard aux mirettes, même si ça fait un poil steak de sardine question volume. A peine 100 grammes du bestiau enroulé sur lui-même comme une roulade de sole. Dessus « la croute » comme un chapeau: tuile molle de pain d’épices. Le dedans est à peine décongelé, pâle et cru.

On signale: dans un confus digne de l’Actors Studio, 20 minutes plus tard le patron nous ramène un bout de poisson. Les deux fleurs de courgettes farcies avachies s’avalent, jus joueur. 33€ la baliverne, 8/20 la note. Le « café gourmand » de la formule est d’un triste commun balnéaire, sauf le muffin. Panacotta trop ferme et coulis tout prêt, boule de glace vanille, vas-y coco, profite de l’excellence: 10/20. Café seul vendu 3,5€ quand même. Tarifs de restaurants de prestige, cuisine qui perche plus haut que ce qu’elle est. Tandis que la direction aligne les Bocuse, Sourrieu, Charial, Ducasse… Maison inscrite dans tous les guides, forcément. Dont un 13/20 sur le Gault et Millau qui nous a bien fait rire! Bref! Hold-up et poudre aux yeux.