Le F

0.5

Jolie et refaite de frais, une boutique de charme.

(presque) Seule à ouvrir ses portes ce midi du côté de La Capte, avec Mauricette, on apprécie l’ambiance bar soigné et le délicieux soleil rasant de décembre qui entre chatouiller le minois surpris de l’attablé ravi. Il est bien accueilli par le monsieur, l’attablé. Et Mauricette aussi. C’est déjà ça. Plat du jour: pâte à la carbonara à 14€. Bon. Pas tellement de choix à l’ardoise, d’autant que le patron annonce l’absence de poisson ce jour. Mais il se vante avec plein de mots de servir de la viande charolaise comme si c’était la 8ème merveille du monde. Rions. Ah tiens? L’ardoise intérieure ne donne pas les mêmes tarifs que celle à l’intérieur… Tentative personnelle sur le « risotto de crevettes sauvages ». Intitulé imprécis: riz vénéré, le fameux riz noir. Faut aimer. Heureusement: j’aime. Il est cuit correctement, croque un peu, un peu de crème, sobre. 5 épatantes crevettes à la cuisson impeccable, posées comme une couronne sur le riz. 14/20 pour 22€. Ce qui est cher.

Mauricette, qui ne s’était pas couchée suite à une virée Chippendale avec ses copines en fausses-dents du club de bridge, choisit la légèreté supposée de la « fricassée de champignons et jambon ». Et là, tout à dérapé. Comment décrire ce truc. Grande assiette, je veux dire spacieuse. Au milieu, des feuilles de salade verte tartinées d’une 1ère couche de vinaigrette, puis d’une 2ème de zigouigouis de balsamique pour réussir un visuel insupportable. Autour comme une guirlande, des bouts noirs tout mous de je ne sais quoi, comme carbonisés. Mauricette appuie dessus avec la fourchette en fronçant son gros nez: c’est vraiment bizarre. Elle se lance. En bouche, entre caoutchouc et algues type varech, fort peu engageant. Quand elle m’a fixé rouge comme une cerise avec ses billes exorbitées derrière ses lunettes en cul de bouteille, j’ai cru qu’elle avait avalé de travers. Alors qu’elle n’a rien avalé du tout.

Je me suis donc sacrifié, fallait gouter pour noter. Ça n’a pas été facile, je le reconnais. Trois morceaux. Enfin deux, le 3eme, j’ai recraché. Pas de jambon en plus. Record de l’année: 1/20. Pour 13€, annoncé 14€ à l’extérieur. Pas de dessert, la dame au chapeau vert a mangé du pain, excellent par ailleurs. Sur une table voisine, on a vu le « cheese-cake aux figues » à 9€… servi dans une coupe comme une panacotta. Nos plats furent longs à sortir, 8 clients décalés ce midi pourtant. Café demandé serré livré long. Eau gazeuse amenée tardivement avec le plat. Endroit surtarifé, qui semble se chercher encore sauf s’il s’agit simplement d’un manque de professionnalisme. Dommage, le taulier est sympa.