Le Charol's

3.5

Boutique reprise récemment. Célébrissime, en tout cas le nom.

Pour les impétrants, ya rien de pire pour se prendre les pieds dans le tapis. D’autant que le canton est une foire d’empoigne aux enseignes commerciales. On pourrait même dire qu’il s’agit d’une caricature de zone commerciale tellement que ça grouille de pancartes et de panneaux 8 par 4, enseignes entassées les une sur les autres. Une sorte d’internet en 3D. L’urbanisation s’affole, la spéculation immobilière gangrène les mètres carrés: « Le Charol’s » se retrouve désormais sur le même parking que le KFC, le MacDo du poulet. Et voisin de Darty, Paul, Picard, Electro-dépôt, Leader Price, Norauto… Se garer est encore plus compliqué qu’avant, c’est vous dire. Bref! La porte d’entrée coince chaque fois qu’entre un client. Gêné, le patron dira ou moins 5 fois « faut qu’on la fasse réparer ». Le reste de l’établissement parait sur les rails, décoration néo-romaine rigolote et haute de plafond. La dame qui m’a accueilli est très bien. Vraiment souriante, et conseillère en plus.

Pas de pot mes cocos, elle refile le bébé (c’est moi le bébé) à sa collègue vêtue à l’identique et aussi blonde, mais qu’on a probablement forcé à rester. Je ne vois pas d’autre explication à son attitude anti-commerciale*. La table: nappage et serviettes en tissu, la civilisation est en marche. Menu du jour à 19,5€. Les autres sont à 23,5€ et 43€. A la carte, je me décide pour « aubergine à la parmesan ». Je vois ce que ça peut être. Pour attendre, tapenade immangeable: verte, liquide et beaucoup trop aillée. Faudrait quand même que la direction goute ce qu’elle impose au pauvre client. Bref! Aubergine gratinée comme il faut, sauce tomate, je sauce avec le pain chaud industriel. 14/20 et 9,5€. Dans un restaurant qui annonce la viande à la braise en spécialité, fallait que j’essaye la « bavette » optée avec un « gratin dauphinois » puisque possible est le choix. Annoncée pesant 200 grammes. Probablement de la hampe dans sa curieuse forme étalée. Grillée avec du gras ajouté, dommage et inutile. Le gratin fromagé dit « dauphinois » ne vole pas bien haut. La sorte de ratatouille de légumes verts est mignonne. Disons 12/20 pour 16€ annoncé à la carte.

Sauf que la serveuse sympathique, je veux dire celle de l’accueil tout à l’heure, revient et me signale un peu surprise: « vous avez pris le menu à 23,50€? ». Je réponds que non. « Vous êtes gagnant avec le menu, alors je vous mets le menu! » qu’elle conclut tout sourire en tripotant son ordinateur. J’en avais à l’origine pour 26€. Me voici avec le menu complet à 23,5€… et un dessert! Merci m’dame! Ça change de l’autre serveuse qui fait une tronche de 6 pieds de long! Une « tarte tatin » réchauffée au micro-onde trop sucrée, mais correcte. 13/20. Conforme à son niveau de qualité habituel, le café Henri Blanc est facturé 2,5€. Bilan: « ça va pas changer le monde, ça va rien changer du tout » comme dit le chanteur.


* lire « l’os et l’arête »: « alors. »