Le Blanc Manger

4.5

A l’écart de la ville, maison au charme de cabanon tropical de standing. Végétation, grandes ouvertures et sol de bois exotique.

Le soir les recoins enchanteurs et l’éclairage en ajoute au sentiment d’évasion. Brigitte Guignery, qu’on avait connu fin des années 90 à « l’Auberge du Jarrier » (Biot 06), s’est depuis entichée de l’endroit. Elle évolue désormais avec son fils Cyril, également en cuisine. Avec Mauricette organisée comme un agenda de ministre, on s’attendait à des menus agencés comme le prévoyait le site internet de l’établissement. Surprise! La boutique se range désormais dans l’air du temps avec une « ardoise 5/5/5 », entrées dès 10€/plats dès 17€/desserts à 8€. Des tarifs amicaux quand c’est doué et cuisiné, mais qui débloquent quand on se moque du monde. Il y a aurait beaucoup à dire sur un service dépassé par les événements, et les erreurs d’aiguillage de plats: c’est pour une autre table. Il faudra réclamer 3 fois la carafe d’eau, comme si on voulait nous punir de ne pas prendre de bouteille.

Le côté directif (pour ne pas dire autoritaire) de la pourtant souriante patronne en ajoute au stress du client. Symptôme des nerfs à vif: le pain de qualité est découpé sans soin, à l’arrache. Avec la dame au chapeau vert, ce fut toutefois un repas gourmand teinté des saveurs de méditerranée et fagoté par de vrais cuisiniers. En même temps, certaines recettes sont rodées puisqu’elles vivaient déjà fin des années 90 à Biot sur la carte de Brigitte Guignery… Bref! Délicieuses entrées, « galette de socca et filets de rougets barbet (sans arêtes) purée artichauts, mozzarelle, tomates » à 12€ et « fleur de courgette farcie légumes, beignets de courgette, coulis de tomates » à 10€. Petits prix pour du grand cuisiné, du frais qui chante le terroir en couleurs avec une mention pour les rougets: 15,5/20 pour les deux entrées. Nos plats avec un « filet de daurade royale, huile d’olive vierge, tomates, citron, olives, artichauts, beignets de courgette » pour Mauricette: que du bon, un soin particulier apporté aux légumes verts poêlés au beurre. 19€ pour 15,5/20.

Je m’attendais à plus de rusticité avec la « cassolette de rognon de veau, crème de champignons, légumes ». Pas de cassolette mais un dressage classique d’assiette gastronomique. Ça frime plus et on en met moins. Très joli, mais je me voyais nager dans la gamelle, brasse coulée et tuba champignonné. Rognons coupés un peu fin, un classique pour les cuissons pressées. 15/20 et 19€. Repus, nous ferons impasse sur les desserts! Mais pas sur nos deux verres de vins parmi une huitaine possible en 3 couleurs. Une table testée en aout par nos services, mais qui donne envie de s’y frotter hors-saison! Prix réfléchis et cuisine maison: ce que cherche l’amateur sérieux de restaurant du XXIème siècle.