Le Bistrot

2

Encore un « bistrot », un de plus Marius.

Référencé positivement par nos services l’endroit s’appelait le « Bistrot de Françoise », avant. Si j’ai bien compris, c’est le taulier en face qui possédait « Le Marais » qui l’a choppé au vol tout en gardant l’ancien local. Le patron est dopé d’un entrain des plus commerciaux, le serveur efficace complète le tableau. Les tables sont particulièrement serrées, mais c’est un bistrot. Dans un bistrot, on ose tout ce qui gonfle au restaurant: bruit, serviettes en papier, proximité… je me frotte les coudes avec plein de dames qui cassent une croute en même temps que ma pomme. Même le svelte serveur arrive difficilement à se faufiler malgré un physique à l’opposé du mien, si vous voyez. Il se débrouille seul, vu que le patron fait causette avec de ses relations. Sinon le reste du temps, il compte bruyamment ses billets et surtout ses pièces de monnaie sur le comptoir. On se croirait dans les années 50 en fin de journée à la caisse de « Chez Zette », épicier à Saint-Gaudefroy sur Poilabois. Bref!

On mange quoi? Du concept. Un véritable cuisinier est aux manettes, je suis convaincu qu’il fait ce qu’on lui dit de faire pour répondre aux tendances à la mode. Les midis de semaine, il existe une formule à 16€. Le samedi midi Rémy, ce sont parfois les mêmes plats de cette formule mais entre 15€ et 17€ tous seuls. Comme le tataki de thon ou le « filet de St-Pierre chips de lard, légumes croquants et riz » vendu 17€. Les légumes sont émincés fins, ça flatte l’œil comme s’il y en avait beaucoup. Mais ils sont bons et frais: brocoli, ciboulette, radis, carotte. Le filet de poisson décongelé à la vapeur fait ce qu’il peut à partir de ce qu’il est. Il est posé sur du riz façon paella mais basmati ou dans le genre. L’ensemble serait aimable si le cuisinier évitait de jouer le badigeonneur inspiré avec son balsamique comme s’il peignait le basilic du filet de Saint-Pierre à Rome, justement.

Et surtout si l’assiette était chaude. Je mange froid sur la fin. Grosse priorité cosmétique avec une esthétique forcée pour séduire à tout prix: ouai coco, fais-moi des assiettes comme à St-Trop’, faut que ça pète, qu’importe le produit mais balance la peinture. Assiette froide? On s’en tape! faut que ça soit beau! Bref! oui, ça m’a gonflé un poil. 12/20 et 17€ quand même. Pas de dessert, 6€ et 7€. Fromage à 8€… pour un crottin de Chavignol! Il doit certainement être bien présenté à ce prix, peut-être même avec du balsamique sur le pif.