Le Bistro de l'Opéra

2.5

La rue étroite face à l’opéra de Toulon, testé négativement voilà un bon moment.

Le nom n’a pas changé, curieusement. Juste la cuisine (tant mieux) avec la nouvelle impétrante des lieux arrivée été 2018. Une trentenaire dont on remarque vite qu’elle connait le métier de la salle et les codes qui vont avec. 4 ou 5 plats en direct entre 14€ et 17€, aucune entrée. L’ardoise détaille chaque composition, dans ce genre d’endroit j’ai pour habitude de penser que cette pratique est faite pour éviter au service de perdre du temps à expliquer, les clients sont épuisants. Option « suprême de poulet au citron confit, crème, ail, citron, écrasé de pomme de terre, mangetout, gressins aux olives ». Quand je vous disais. Il manque à l’appel « feuilles de salade qui trempent dans la sauce » et « tomate entière pochée dans la friteuse ».

Jolie assiette, féminine et colorée. Viande souple avec peau molle épaisse à ôter (la griller serait une idée), purée du jour sans gras mais avec des herbes de Provenceuuu, mangetouts un peu trop cuits, crème discrète en ail… froide. C’est que l’assiette rectangulaire est glacée. Alors ce qu’on met dedans devient froid, forcément. C’est pourtant simple à comprendre. La serveuse-patronne en convient, mais ne peut pas faire autrement, genre comme si ça n’était pas son problème que le client mange vite avant que son plat refroidisse. Ah mais ouiiiii… j’ai compris. Feinte! Ce client partira plus vite et ne trainera pas en fin de service! 16€ quand même pour 14/20: cuisiné maison. Dessert pour voir avec « tartelette à l’orange meringuée ». Ardoise rectangulaire avec chantilly en abondance (ça fait du volume à l’œil) et mignonne tartelette carré de qualité, pâte sablée pas maison mais l’appareil fruité est rigolo et la meringue précise. 14/20 pour 6€.

La jeune femme n’ouvre son restaurant que le midi, pas le soir. Je crois comprendre qu’elle en a marre de ce boulot. A peine ouvert, elle est déjà blasée, j’en peux plus. C’est quand même terrible de faire ce métier sous la contrainte, oui mais sinon lequel, je sais faire que ça. Le problème, c’est que ce boulot est si difficile à pratiquer quand on ne l’aime pas (plus) que le dilettantisme pointe rapidement le bout de son nez: on est pressé de fermer après le service, on ne fait plus attention aux détails… Bonus: la cuisinière ne dit pas bonjour, elle œuvre dans un jogging taché, la musique de sa génération RnB à fond les ballons du côté séparé du restaurant où tout le personnel et les amis de passage s’amusent, et quand on passe du côté des clients, on fait la tronche en portant sa croix, faut bien gagner sa croute. Sinon, on y mange plutôt bien même si les prix ne sont pas donnés. Forcément qu’en étant ouvert uniquement le midi, les tarifs sont calculés en conséquence.