Le Bercail

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Peut-être bien la plus agréable des adresses pour les mirettes et le confort des sens: calme et jardin à deux pas du centre-ville.

Une merveille nommée jusqu’alors « Au Petit Cavaillon ». De nouveaux teneurs depuis mai 2018, vraiment aimables, l’esprit familial, en deux minutes la maison vous gomme le stress imprimé par un extérieur agité avec ses bagnoles et ses feux rouges grillés. D’autant que des travaux de propreté y ont été réalisés. Seulement voilà: la cuisine est une caricature de la cuisine provençale des années 80 mal maitrisée. La tapenade transpire trop l’ail, un défoliant.

Comme entrée choisie, le « papeton d’aubergine ». La spécialité avignonnaise (d’où le nom) à la texture de flan est glacée. Posée sur une montagne de salade verte, tomates séchées, grana panado, oignons rouges, bouts de jambon, figues. Et surtout à la place du coulis de tomates pourtant prévu au cahier des charges de la recette pour caresser l’aubergine, un pesto envoyé à la pelleteuse sur l’ensemble. Oui: encore de l’ail. 12/20 pour 9,5€ quand même. Le plat du jour est une « bavette sauce bleu d’Auvergne ». La sauce remplit le contrat, la viande non: chair non saisie et pâle comme du veau blanc, cuisson ratée. Demandée saignante elle s’avère dure, impossible de la couper. Trop fraiche ou de mauvaise qualité: je n’ai pas tranché… si je peux dire! Garniture avec une brunoise de ratatouille qui marine depuis trop longtemps, et des « patates au thym » en gros bâtons passées au four, elles aussi bien pâlottes. 12€ et 9/20: ça vole bas.

Un café Henri Blanc, une corvée. En salle, madame est douce et souriante. J’entends son mari cuisinier discuter avec une relation au comptoir, expliquant avec une sincère modestie pratiquer une « cuisine simple et familiale, traditionnelle ». Ce qui à nos oreilles ne veut pas dire « approximative » et m’amène en effet à constater avec un désolément abyssal la triste réalité d’un rapport qualité-prix en dehors des clous.