L'Auberge Provençale

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Une ancienne maison du centre-village piétonnier, une élégante dame qui a su vieillir en embellissant, finalement.

Un luxe pas donnée à tout le monde. Ce midi d’automne, service en terrasse, quelques-uns à l’intérieur dont ma pomme: plus reposant. Les fauteuils sont un peu hauts ou alors, les tables un peu basses. Ce qui est sûr: j’ai mangé vouté. J’étais content de redresser mes vertèbres concassées par l’abus de bagnole quand je suis allé faire ma vérification des infrastructures dévolues aux besoins fondamentaux qu’il est difficile d’éviter quand on a atteint mon âge, les toilettes sont à l’étage. Bref! Une formule, une carte, des suggestions, des suppléments et des menus. 26€ et 35€ pour les menus. Les prix à la carte sont pensés pour inciter à prendre les menus, comme fréquemment observé par ailleurs.

Le patron à l’accent américain veille au grain, et dans un style bistrotier avec tablier la serveuse est souriante. Menu à 26€ choisi avec « soufflé de pescadou tiède cabillaud et saumon et sa sauce aïoli et soupe de poisson ». Une forme de cuisine que j’apprécie: rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme! Ya même des arêtes dans le soufflé! Assiette creuse, soufflé circulaire avec une sauce réglée de façon très surprenante, filtrée, liée, sans écart de saveurs. Ça met le doute que cette sauce soit « faite maison » mais c’est bon, rondouillard. Et froid aussi: l’assiette n’est pas chauffée. 13/20. Le « suprême de volaille sauce aux figues, polenta crousti-moelleuse ». Un suprême de seconde zone aplati qui n’a pas vu l’ombre d’une poêle en cuisine, sans doute simplement réchauffé car précuit par le fabricant: il a encore la forme moulée du contenant. Assiette qui cherche à plaire, petits légumes frais en prime et sauce qui ressemble à sa sœur de l’entrée: sage, équilibrée, qui cherche le consensus, faite pour plaire au plus grand nombre. 13/20.

Le dessert « verrine Dulcey noisettes, biscuit aux noisettes, crème de chocolat Dulcey et mousseline de romarin ». Un beau verre de crème chocolatée peu sucrée (ouf) du fameux chocolat blanc biscuité, mousseline trop poussée en romarin. Un défoliant. Tu bouffes comme une caricature de la Provence. Pas fini. 13/20. Une cuisine qui cherche à séduire l’œil en appuyant sur des codes attendus de la Provence touristique, ce dont raffole la clientèle anglo-saxonne. Dont deux représentants sous forme d’un couple se sont fait refouler à 13h15 ce midi « cuisine éteintes ». Bref! Adresse loin d’être la pire du village et qui est classée 1ère sur 133 sur le site TripAdvisor. Mystère. Spécialités: 1er sur Tripadvisor