L’Auberge Des Santonniers

3.5

Faut pas que ça dans le panorama à becquetance, mais de tels, c’est impeccable de temps en temps.

Une grande bâtisse pas jeune avec un parking devant, situé dans la pampa du côté d’un village proche de tout mais loin aussi, on y rencontre des amis et des habitués, des costauds tatoués et des piliers de bar, des ouvriers et des VRP et aussi faut le crier haut et fort, un personnel qui sourit dans la vivacité énergique d’un essentiel plein d’humanité. Ce qui pourrait donc s’apparenter à un claque avec son profil d’estanco de deuxième zone est… une claque salutaire contre la tristesse ambiante d’un monde qui nous flingue le moral: on en sort avec la risette!

14,5€ le menu et un « buffet d’entrées » avec une huitaine de propositions dont une piètre charcuterie mais le reste est correct, 13/20. Du choix au rayon « plats » dont une « entrecôte » un peu fine dite « marseillaise », mais surtout une sorte de gratin de courgette gourmand particulièrement bien cuisinée, le gratin que fagoterait une grand-mère contente de vous voir, j’espère que tu travailles bien à l’école, si tu es sage on ira voir ta cousine et vous aurez des papillotes car c’est bientôt Noël. Savoureux! 14,5/20. La « salade de fruits » était un peu courte, du frais mais pas tout jeune. 13/20.

Et voilà le travail! Les toilettes sont un grand moment, empilage surréaliste de caisses, bidons, balais, boites, sacs en plastique pour les courses, une armée de pulvérisateurs pschitt-pschitt, des chiffons par millions, une montagne de sopalin… restaurant familial qui assume intégralement son idée façon « routier » au joli sens du terme, la bonne humeur ne fait pas semblant et on ne s’y pignole pas à la prétention. Pizzas parfois, renseignez-vous. Et radieuse équipe de salle au féminin, du genre droit dans les yeux et heureux de vivre. Impec’ le jour où vous avez le moral dans le potage.