L’Atelier

0.5

Devant le pont ouvrant de Jonquières.

La boutique récemment reprise répond aux codes en vigueur de la modernité avec ses cloisons « atelier » et ses lampes de plus en plus leds. C’est drôle la mode, comme celle des coupes de cheveux. Plus tard en zieutant les vieilles photos on s’apercevra que ce sont de vieux clichés. Enfin bon. Du monde en terrasse. J’attends un peu, on ne m’a pas vu debout devant l’entre sauf le cuisinier au fond. Le jeune proprio m’accueille enfin, ici ou là, comme vous voulez. Il ne me présente pas l’ardoise de la formule du jour et ses 3 suggestions que j’ai pourtant reluquées en arrivant. Avec l’accueil approximatif, ça fait deux preuves d’amateurisme en 30 secondes. La 3ème, c’est l’interrupteur blanc des toilettes sale comme un cochon. La 4ème, c’est l’intérieur de ces mêmes toilettes pas vérifiés ou alors ça fait longtemps. La 5ème, aucune possibilité de se sécher les mains.

Le tout en 2 minutes chrono. Dans de telles circonstances, que vais-je manger? Pizza? Salade? Tartare? Une dizaine de pâtes cuisinées possibles. D’abord un antipasti: « jambon cru roulé à la mozzarella ». Pour 5€, qu’est-ce que je risque? D’être déçu… gagné! Des bouts d’un jambon cru de bonne composition avec des cubes de mozzarella en carton de l’acabit de celles que la plupart des pizzaiolos mettent sur les pizzas en chantant « laisse les gondoles à Venise » de Ringo et Sheila. Fondu, c’est presque acceptable mais sorti du tube, c’est infect. Bref! Mauvais: 7/20. Les pâtes fraiches sont faites maison. Bravo. Je demande au patron si les « spaghettis a l’arrabbiata » sont très pimentés. Il m’assure avec sincérité « je vais dire au cuisinier qu’il vous les fasse moins forts ».

J’étais heureux d’autant de cette soudaine conscience professionnelle. Elles arrivent, les pâtes et ma déception. Jamais je n’en ai mangé d’aussi pimentées. Et la sauce n’est pas brillante. De toute façon vu le défoliant, tu ne sens rien sinon l’absence de sel dans les pâtes al dente. Impossible de tout manger, j’ai pourtant faim. J’évoque ma déception au patron-serveur qui fait semblant d’être surpris et de ne pas s’en foutre. La nouvelle génération de restaurateurs tiroir-caisse décomplexée et épanouie dans la ponction abusive de la CB du client. Le bourru chef fume sa clope en terrasse entre deux plats sortis et passe sans dire bonjour aux clients, tandis qu’une dame est assise en salle sur une table mais elle au moins, elle est polie. Bref! Pour pigeons de passage et pour gogos du quotidien.