La Villa Madrigal

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Pas le pire du coin, loin s’en faut.

On saisit sans lunettes une véritable volonté d’offrir une cuisine soignée, appliquée et faite maison. Seulement voilà: même si ya du boulot aux fourneaux, la sueur ne nous intéresse pas tellement. La direction pousse sur le cosmétique et le visuel, histoire de faire avaler les tarifs. Menus 36€ et 54€. On ne rigole plus. A mon arrivée, les deux jeunes hommes saluent. La demoiselle non. Elle vérifie si on a vu qu’elle ne saluait pas. J’ai vite senti qu’entre nous, ça ne collerait pas. Déjà, elle me laisse poireauter devant la carte un quart d’heure. Après, elle vient pour prendre commande. Je lui fais remarquer ne pas connaitre le contenu de la formule 21€ du midi. Pas intéressant. Alors menu à 36€! 20 minutes que je tripote la carte pour choisir, et l’autre qui me suinte stylo en main: « ah ben ouai désolée, ya plus de bocconcini ». Enervant. Ça ne lui viendrait pas à l’idée d’informer le client avant?

Cela dit, ce plat est remplacé par une souris d’agneau que je décline. Du coup, j’ai mangé « à la carte » l’entrée « courge Jack Be Little »: œuf cocotte caché dans un petit potimarron creusé, champignons taillés correctement poêlés avec du gras, et râpé de truffe. Ce « râpé » je l’ai cherché: une lamelle molle sans gout, mais ça fait riche dans l’intitulé. Autant ne rien mettre. 13€ (ya pire) et seulement 12/20 car l’œuf est trop froid. Après avoir hésité avec un « filet de turbo » équipé d’un sacré moteur qui filet trop vite pour moi, je visé « ravioles maison gambas légumes et ses émulsions de crustacées ». Un beau caquelon cuivré avec au fond, une soupe et des chips de vitelotte et d’autre légumes. Avec l’orangé appelé « l’émulsion », ça fait joli. Quatre grosses ravioles, au fond. Elles sont beaucoup trop cuites, se délitent dès que tu les choppes avec la fourchette, retombent en morceaux dans la soupe et bougnettes sur la liquette. Faudrait une grande cuillère. La farce fait le boulot mais l’ensemble manque de nervosité, l’assaisonnement est timide. 12/20 pour 26€. Oui, quand même.

Bilan: assiettes volontaires mais rapport qualité prix décevant, laborieux et tiré pas les cheveux, comme des erreurs de jeunesse dans la réalisation. Pas de café à 2,4€. Pain individuel bon. L’eau de la carafe a un horrible gout de vase, ça t’apprendra à ne pas prendre d’Orezza à 6,5€. Si le jeune homme à lunettes semble impliqué, la demoiselle est insupportable dans le genre « paye et tais-toi », retenant dans un presque soupir les explications de plats demandées, p’tain chuis dèg’ les gens comment y gonflent j’te jure sa race. La Côte Bleue, grande terrasse, les touristes, le panorama sur le port et la vue mer. Un classique minant.