La Vague

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Nombre d’établissements ferment hors-saison à Bandol.

Ce jour de janvier, restait au bout du quai celui-ci, presque en face du Casino, cultivant l’art délicat de la polyvalence: brasserie-crêperie-glacier. Avec Mauricette, on est resté debout dans la salle si petite qu’on dénombrait autant de clients assis que d’employés. Jusqu’à ce que le patron de derrière le comptoir nous braille (avec le sourire quand même) « asseyez-vous où vous voulez! ». Reste une table devant la porte d’entrée sous le chauffage à fond les manettes. Faut pas de plaindre, tant d’établissements ne chauffent pas leur délicat intérieur. Bref! Une foire d’empoigne d’ardoises avec des salades, des entrecôtes, des filets de St-Pierre, des burgers, des planches, des crêpes et même une formule à 21€ avec saumon fumé ou foie gras, suivi d’une souris d’agneau accompagnée de fritasses: vu la table à côté.

Vu l’étendue remarquable des choix possibles et en l’honneur de ce chanteur homme-orchestre des années 70/80, si cet établissement ne s’était pas appelé « La Vague », « le Rémy Bricka » était un sobriquet parfait! Enfin bon. Prise de convulsions devant le drame qui s’annonçait, la dame au chapeau vert vise une crêpe en pensant échapper au pire. La « crêpe 3 fromages ». Déjà: crêpe au froment. Ça commence mal. Pâte non salée. Bouchère corrézienne de naissance mais comptable par affinité, des 3 fromages annoncés elle en dénombre 2, froids et pas fondus: rondelles de bûchette LIDL et « râpé » comme on dit. Crêpe épaisse comme un pancake. Un étouffe-chrétien qu’elle ne finira pas, je voudrais vous y voir. 8€ quand même et 8/20 aussi. J’ai voulu faire le malin en choisissant « tapas ». Aucune sauce proposée, sinon les sachets de moutarde, mayo et ketchup. Du congelé comme souvent. Seul point positif: huile neuve.

Le reste: accras fadasses, sticks de mozza panés non fondus à l’intérieur, rondelles de calamars frits oh oui (mais non), et absence intégrale de poulet pané comme prévu dans le descriptif. Faut pas se plaindre vu les statistiques: un truc de moins à goûter dans la cadre de mes attributions. On a essayé chacun l’assiette de l’autre pour confirmer nos désolations. 7/20 pour 9€, ce qui est redoutablement cher. Un verre de vin rouge correct servi dans un beau verre propre, on se réconforte comme on peut. Heureusement que la terrasse est là: la boutique est grande comme un mouchoir de poche, c’est une pagaille sans nom et chaque recoin sert de rangement. Dans ce contexte snackeux-balnéaire, une madame blonde en chignon et en fourrure posturait comme visiblement ravie de son repas, s’ébaudissant bruyamment devant sa glace à la vanille comme si c’était la purée de Robuchon: « c’est esssstraordinaaaaire… ». Bandol quoi.