La Trattoria

0.5

Encore un changement de propriétaire pour cette trattoria.

Enfin trattoria, faut le dire vite. C’est pas parce que c’est écrit « Trattoria » au frontispice que dedans chantent les recettes de la Botte. Les intitulés essayent en vain de geindre une cuisine à la mamma, mais la mamma elle est pas là. Dommage car la cordiale dame à l’accueil fait des efforts pour donner du rythme, échange et papote avec le chaland. Mais que voulez-vous, on n’est pas chez le coiffeur et à un moment donné, les assiettes sont trop courtes pour y croire. Pour patienter, elle m’amène ce qu’elle nomme des « antipasti ». Une tasse à café avec soupe carotte et roquette agréable. Des chips maison, des croutons et des trottoirs de pâte à pizza froide, des bouts secs de pizza du ouic-end passé. Comme des gressins, mais en pas bons. Puisque on évoque la pizza, celle vue sur une table voisine ne fait pas envie. La dame m’a amené l’ardoise: linguines aux palourdes (17€), ossobuco alla gremolata (20€), escalope milanaise (19€), risotto longe de thon (22€) et des pâtes farcies.

J’ai un faible pour la sauge, j’adore cette plante. Je prends « saltimbocca de veau sur son lit de tagliatelles », heureux d’avoir trouvé recette à mon pied. A ma demande et fort aimablement, la dame échange les tagliatelles prévues contre « une purée et des petits légumes ». M’arrive une escalope pliée en deux avec du fromage fondu mais pas cuite dedans, avec du jambon cru. Pas de jus de sauge, pas de sauge. L’assiette est glaciale et entraine la viande et la purée approximative dans leur baisse de température rapide. C’est quand même dingue de ne pas penser à ce genre de chose pour un cuisinier. Si cuisinier il y a. Les légumes frais bouillis forment une vague ratatouille peu aguichante. Voilà ce qui arrive quand on cuit tout en même temps: l’aubergine est toujours crue et dure, beurk.

Je rappelle que « saltimbocca » se traduit en français par « saute en bouche ». Sous-entendant une forme de délicatesse fine dans la recette. On est loin du compte. Bref! Maladroit, absence totale d’envie de faire plaisir: 9/20. Les desserts sont tarifés 6€. Pas de desserts, je veux pas la pannacotta de la mamma ni le tiramisu de le pappa ni la mousse au chocolat de la grande mamma non plus. Monsieur sort furtivement des cuisines sans dire bonjour, dommage, c’était pourtant l’occasion. Fiat 500 pour la déco, Italie pour le folklo. Comme épatant symbole d’une cuisine italienne absente du moindre sentiment promis dans cette « Trattoria », Pinocchio est là pour la photo.