La Table Du Commerce

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Odeur de maison bourgeoise et familiale, décor patiné par le temps et les souvenirs.

Après quelques années de tenue approximative et même une fermeture du restaurant, (re)voici l’adresse dans de belles dispositions pour faire revenir le chaland. Un couple de trentenaires a planté le drapeau et ça fait du bien. Rien n’est jamais gagné nulle part: plus ici encore dans ce village pas comme les autres… comme la plupart des villages! Découverte d’une cuisine traditionnelle personnelle et vive. Ça veut dire quoi? Les recettes sonnent « classique » mais le chef a pensé inutile de faire comme les autres, qu’ils étaient déjà assez nombreux. Alors ces recettes, il s’amuse à les personnaliser: panacotta feta coulis de poivrons, entrecôte pesto d’anchois et citron, crème de haricots lingots lentilles vertes et œuf mollet, et le mystérieux « comme une paella »… extraits de la carte du moment.

Pour ma part « salade de chèvre chaud ». unique. Présentée comme une pâtisserie boutique parallélépipédique, à vos souhaits, merci. La mignonne serveuse prévient au préalable! Crème fromagée figée recouverte de pâte feuilletée, passée au four. Lardons chaud sur le chapeau, salade à côté. 14,5/20 et belle idée! Autre digression avec « vitello tonato, tomate rôtie aux noix de cajou ». Du veau oui, mais pas en fines tranches comme l’exige la recette. Petites brochettes un peu grasses, mais la polenta crémeuse a de la tenue, la tomate confite joue le jeu. 14/20. Pas fréquent un « café gourmand » à majorité de « fait maison ». Une mini-tartelette avec ganache chocolat noir, un gâteau aux pommes qu’on spécule roboratif à l’œil et au final intéressant, un autre gâteau au chocolat qui l’est un peu moins. Bon café avec tasse chaude. 14,5/20.

Sonne l’heure des comptes. Menu complet 17€ avec 1€ de supplément pour le café gourmand. Ça ne traumatisera pas le nourrain et le rapport qualité-prix joue le jeu. Grande salle prête à recevoir pour le même repas votre ascendance et votre descendance. Terrasse en saison, parking privé pour votre automobile si vous demandez gentiment. C’est ainsi mes frères que nous félicitons sans réserve Adrien Sellami qui régale le chaland à vil prix dans une ville relativement déserte en restaurants dignes de ce nom. D’autant qu’on note avec épatement que la direction fait l’effort pertinent d’une carte de « vin au verre »!