La Table Du 12ème

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LA TABLE DU 12ème restaurant à MARSEILLE - Le Bouche à OreilleUne table immuable dans le temps, que les années et le poids de l’âge ne semblent pas éroder, où la rouille n’a pas de prise, où l’envie de bien faire perdure malgré les croche-pieds d’un quotidien sans pitié qui assaille la volonté des restaurateurs les plus sérieux. Hein? Quoi? Seulement 5 années que Nancy Dreves et son frérot cuisinier Fernando Rodriguez réjouissent le gourmand aux Caillols? Oui mais. Faut expliquer que le duo est né dedans, le métier. De 1971 à 2004, les parents ont régalé de spécialités espagnoles et italiennes quelques générations d’affamés du côté des rues Pavillon et Rouget de Lisle dans le 1er arrondissement! Bref! Ici, salle comble ce midi. Les autres jours, j’en sais rien. Vous n’avez qu’à venir voir. Coquette salle en couleurs, terrasse couverte, bonne humeur chantante de la patronne et service d’un serveur impeccable dans sa discrétion efficace. Ce mardi midi comme chaque midi de semaine, formule 17€ et menu 19,50€. Mauricette pointe plutôt les propositions à la carte. « C’est pas tous les jours dimanche » qu’elle a dit. Avec « tempura de gambas ». Dodues gambas bodybuildées enrobées de pâte à beignet légère, julienne de légumes et sauce soja sucrée. Elle trempouille le crustacé décapode dans la fine sauce avec son gros petit doigt en l’air. Un peu trop cuites, mais croustillantes. 15/20.

LA TABLE DU 12ème restaurant à MARSEILLE - Le Bouche à OreilleSa suite est fameusement culottée: « Osso Bucco de veau fondant ». Ne pas s’attendre à la sauce de convention osso bucco, vous seriez déçu. Comme il est dit dans l’intitulé, sauce caramélisée ajustée. Cuisson basse température, gnocchi frais. Impeccable et viande fondante à souhait. Copieux de surcroit. 15,5/20. Gros effort de présentation avec la « St-Jacques poêlées » fondue de poireau, polenta crémeuse, suprêmes d’orange et marmelade de citron yuzu de Corée du Sud. Bel effort de présentation mais son truc au chef, c’est le gout. Faut que ça soit bon. Beau oui, si possible. Mais bon. Alors il réfléchit, trempe le doigt, part faire autre chose puis revient vers sa casserole pour ajuster. Un cuisinier quoi. Un franc régal de 6 coquillages frais sans corail, l’agrume titille, tout est bon. 16/20. Faim disparue, fin arrivée avec « pannetone gourmand » pommes caramélisées, crème pralinée. Un petit plaisir de gamin, « régressif » comme on dit. 14,5/20. Confirmation d’une cuisine bourgeoise teintée de saveurs d’ailleurs, sérieuse. Notez que le viandard est choyé, que le saumon est fumé maison, que les fruits et légumes frais proviennent de la boutique familiale voisine. Et qu’il est regrettable de ne pas allez dans ce restaurant si vous aimez ça: il ne peut pas venir chez vous.

TERRASSE – PARKING AISÉ GRATUIT DEVANT LE RESTAURANT