La Table Des Frangins

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Gros rafraichissement des murs, dedans et dehors. Et de l’esprit du lieu, aussi.

Avant ça s’appelait « Lou Mount Menut » et le vieillot était de mise. La jeunesse est aux manettes. Désormais et pour répondre aux attentes de la clientèle visée souhaitant une décoration originale standardisée, on y trouve des chaises dépareillées, des tables d’atelier et des cahiers d’écolier. De jolies propositions sont lisibles à l’ardoise. Super. Sauf que l’ardoise le midi: pas touche. C’est juste pour attirer alpaguer le chaland comme on attrape les mouches! Le menu du jour 16€ sinon rien! Mais il change au quotidien! Menu avec alternative simple à chaque étage. Le problème de l’absence de choix: on est obligé d’aimer ce qu’il y a.

Quand les entrées du jour sont « salade de betterave » ou « gaspacho », mieux vaut aimer la betterave ou le poivron. Sinon tu ne prends pas d’entrée. Politique de vente risquée! Au mieux tu prends un plat car tu n’aimes pas l’autre! Le client se sent pris au piège, m’enfin bon. Amateurisme confirmé avec l’arrivée du « gaspacho » puisque j’aime moins la betterave que le poivron. Un petit bol, un simple bol posé directement sur le set en papier comme un verre d’eau, sans assiette ou soucoupe comme ça se pratique généralement selon les codes de la restauration. Ouai mais nous on se prend pas la tête, c’est à la bonne franquette. Alors, ce gaspacho? Agréable, ne nécessite pas l’emploi de la salière et du poivrier. 14/20. Deux plats possibles: « Vol au vent de la mer » et « salade niçoise ». Une niçoise en plat principal, faut quand même le faire. J’ai pris le « vol au vent de la mer ».

Riz camarguais dur, à la limite de la cuisson. Ça m’étonnerait que feuilleté du « vol au vent » ramolli décolle même avec le mistral vu le tas de sauce qu’il a sur le dos. On dirait un sous-marin vu la submersion. Bref! Il n’est pas précisé dans l’intitulé que ce « vol au vent » est aux saveurs asiatiques. J’ai rien contre et c’est même plutôt original, mais ça se fait de prévenir quand on s’émancipe de la recette historique. Minuscules crevettes en boite et morceaux de St-Jacques qu’on dirait du poulet. 12/20. Dessert: « panacotta fruits rouges ». Une verrine de café gourmand, mais toute seule. Trop de gélatine. Dur. Manque de maitrise. 11/20. Service qui fait le boulot, le tout pour 16€. Si on peut afficher de la compréhension devant les approximations générales à peu près en tout de cette prestation, on juge hardi d’oser vendre une demie San-Pé 4€. Déjà qu’à St-Rémy avec des serviettes en papier et un service cynique c’est gonflant, alors à Eyguières… ça va pas l’faire!