La Table De Grans

2.5

Impressionnante rénovation du lieu qui abrita un très bon cuisinier, celui de l’ex-Planet.

Fort beau, vieilles pierres valorisées, espaces et recoins voutés et aussi une cave à vins dédiée, dans l’air du temps façon catalogue « maison et décor en Provence ». Pour soirées charmeuses et romanesques. Point de vue business on change du registre de celui des prédécesseurs: un côté Aix-en-Provence à la campagne assumé, tarifs y compris. Terrasse aux tables espacées et serviettes en papier. De cette restauration urbaine décomplexée qui a pigé qu’il était beaucoup plus simple de vendre une image branchée que des assiettes bien léchées, ce qui satisfait généralement le comptable et le banquier. Vu à côté, la formule du jour avec choix n’est vraiment pas excitante, avec notamment un carpaccio de thon en entrée et un carpaccio de bœuf poêlé en plat.

La carte est plus créative. L’entrée la moins chère est la « soupe fraiche de petits pois, à la menthe et mozzarella di bufala ». Je me suis régalé! Idéale par ces températures caniculaires! La soupe annoncée est plutôt une vraie purée et il faut jouer de la salière! mais pour 8,5€, beau boulot! 14,5/20. Les plats paraissent un peu chérots, 7 plats de 17,50€ (carpaccio de bœuf/frites). Quelques réserves sur le « filet de bœuf (France) au beurre mousseux et poêlée de fèves aux cèpes ». Deux tranchettes de l’extrémité étroite du filet, légumes poêlés dont deux asperges vertes de fin juillet, fèves et bouts de cèpes. La sauce est surprenante, épicée et pimentée. Le serveur devrait informer le client quand le chef fait des exercices de style. 24€ et 14/20.

Desserts entre 8€ et 9,5€: pas pris. La maison fait « bar à tapas » aussi. Même si elle n’évite pas la grosse cavalerie (Chapoutier), la carte des vins est peut-être le plus intéressant pour l’épicurien, certains prix sont très corrects. Deux frérots pas trentenaires tiennent boutique, salle et cuisine. Prestation absente d’humanité et de sentiment, ça me chagrine toujours. Sûrement mon côté « pas aixois ». En sortant d’ici me vient la phrase de Raphael Vézina (chef québécois): « le public est attiré par deux types de restaurants: les nouveaux et les meilleurs. Le jour où tu sors de la première catégorie, tu as plutôt intérêt d’avoir intégré la seconde. »