La Liberté

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Centre-village, un restaurant rue de la République qui s’appelle « La Liberté »: ça avait de la gueule au milieu du casting des approximations culinaires locales.

L’accueil m’a refroidi d’autant plus que j’y suis entré joyeusement complice de l’idée, Victor Hugo, Gandhi, Che Guevara, Jean Moulin, Robert Charlebois puisque quand les hommes vivront d’amour il n’y aura plus de misère et que les soldats seront troubadours. Bref! Quelle tristesse… Rarement vu ça. D’un minant. Le patron ne sourit pas, le jeune homme avec des cheveux trop long qui recouvre son visage jusqu’à la glotte peut-être que si, mais je ne vois pas. D’évidence, il est infiniment plus préoccupé par ses attributions de Disc-jockey que par son job secondaire de serveur. Du genre que s’il pouvait se passer du client qui prend la peine d’entrer pour casser une graine, ça serait volontiers.

C’est lui qui comme s’il portait sa croix, amène l’ardoise du menu du jour et ânonne quelques mots qu’il devra répéter. 16€ le menu avec une alternative par étage. Tellement pathétique que j’ai pas les mots, comme lui. J’évite la possibilité de champignons à l’ail pour « salade de la mer ». On se croirait au pire moment des années 80 sur une plage. Des rondelles de tomates de novembre, 4 moules, des petites crevettes roses en conserve, un peu d’oignons rouges, des bouts de poisson blanc durs et feuilles de salade verte fraiche. Curieusement, la vinaigrette au fond semble mise au début du dressage de l’assiette. Enfin bon. 9/20. J’évite aussi le fish & chips pour « saucisse de Toulouse à la moutarde à l’ancienne ». Rien n’est bon. Ni la saucisse dure, ni la sauce hospitalière, ni les frites congelées. Le pire sont les haricots verts congelés et crus, mal pochés. 7/20.

J’évite la glace Mystère pour une « salade de fruits ». Dans une coupe et sans le moindre jus qui aurait joué le cache-misère bienvenu, 90% de bouts de pomme farineux et oxydés depuis le temps qu’ils attendent dans la vitrine réfrigérée. Et 5% de bouts d’orange mal dépiautés, avec trop de blanc filandreux. 4/20. Service encore moins présent que l’accueil, c’est vous dire le malaise. Ne pas éluder dans un tel contexte de grisaille appuyée la possibilité qu’un drame ait eu lieu ici, dont j’ignore l’existence. Je m’arrête donc dans la narration de cette expérience tant les bras m’en tombent. Laissez-moi cette liberté!