La Diligence

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Le pizzaiolo est à gauche en entrant, la salle où le serveur est pressé de m’installer à droite mais plus loin, on trouve un bar pur et ses habitués dans une autre salle plus agréable que la première.

Point de vue du reste, la boutique trafique avec la moyenne dans à peu près tout. Rien de palpitant tant le boulot s’évertue à camper dans la zone étudiée du « pour plaire au plus grand nombre » avec les pizzas, les entrées de 13€ à 18€, des viandes avec même des épées au feu de bois (spécialité d’origine brésilienne), des burgers (16€ à 22€ quand même), des fondues, des pâtes, et un peu de poisson. Le serveur dit « j’écoute ». Le serveur qui écoute, c’est le serveur qui se pointe en votre direction avec son appareil électronique pour prendre la commande du client. Il m’écoute. Très concentré, il n’a pas de temps à perdre dans les mondanités inutiles. Ou alors comme la table voisine, mais ce sont des habitués et ils prennent toujours un apéritif. Un habitué est a minima une personne qui a eu envie de revenir, un jour. Bref!

Droit comme un i et regard fixe sur son petit écran et son crayon, il me sort ce fameux « je vous écoute » sans lever les yeux. Ya pas mieux pour se sentir une CB sur pattes qui va se faire plumer. Enfin bon. Plus loin en face de moi, le pizzaiolo à l’air bien à son affaire. Tentons la « calzone », le fameux chausson avec jambon, œuf, mozzarella et sauce tomate. Elle arrive bien gonflée, croustillante. La pâte est bonne mais le pizzaiolo a eu la main lourde sur le sel. Je reste sur un 13/20 pour 12€. Le vendeur revient m’écouter avec sa tablette et son stylet au garde à vous. « Tous les desserts sont maison ». Leurs tarifs ne sont pas affichés et puis je n’ai pas envie de sucré de toute façon.

Mais du coup, voyons les desserts « maison » mon coco. M’arrive la « tarte au citron ». Un truc mou et rond, portion individuelle décongelé faite en série ailleurs qu’ici, bien trop sucrée pour être honnête. Agrémenté d’un pet de chantilly qui est au dessert ce que le balsamique est au plat salé: inutile. 7/20 et 6€. Faut quand même être sacrément gonflé pour assener que les desserts sont maison quand on soumet une telle horreur au chaland. Oui môssieur mais si les gens comprenaient ce qu’ils mangent, on ne leur raconterait pas des sornettes! J’évite le strict zéro pour ne pas pénaliser le pizzaiolo. Toile cirée à petits carreaux rouge et blanc, serviette en papier et verres arkoroc. Since 1850 pour les férus d’histoire.