La Délicatesse

4.5

L’adresse fait partie des nouvelles venues dans le panorama des tables à la mode.

La ville en regorge. Souvent tenues par une jeunesse émancipée des contraintes de la gastronomie conventionnelle, passée au service de grands chefs. Le strict « gastronomique » n’est plus viable avec ses codes d’un passé dépassés, vive le savoir-faire mais larguons les contraintes! Bref! Grand comme un mouchoir de poche façon, couloir de bistrot avec comptoir qui prend trop de place, salle de 6 ou 7 places au fond… et coin cuisine grand comme ma salle de bain! L’ardoise du midi avec 3 entrées, 2 plats et 3 desserts développe une inspiration de cuisine provençale. Entrée rigolote, idéale pour boulotter du classique facétieux: « petits pieds paquets/émulsion de pomme de terre ». C’est franchement bon, peu copieux mais suffisant. 15/20.

Codes couleurs étudiés pour « pélamide/butternut/panisse maison ». Céramique turquoise, butternut orangée avec quelques bouts de légumes autres. Le bout de thonine est trop cuit, un loupé considérable et ce n’est pas du lapin. Un accident: le poisson identique de mes voisines était impeccable de rosé. 14/20. Dessert d’importance pour l’analyse globale: « mousse au chocolat ». C’est presque démoralisant à lire. Faire 150 bornes aller-retour, trouver une place pour l’auto, prendre un PV dans cette ville devenue impossible sauf pour les actionnaires des fonds de pension qui investissent rue de la République et dans les inutiles centres commerciaux qui pullulent pour prendre… une « mousse au chocolat »: l’idée frise la perversité. Sauf qu’elle est formidable, cette mousse. Aussi du croquant dans l’assiette, aussi du liquide bref: un tas de bricoles douées qui régalent! 15,5/20.

Verre de vin blanc agréable. Qui? Deux amis associés. Un gaillard au service qui sait faire. Un cuisinier un peu à l’opposé, je veux dire physiquement. Ça tombe bien vu les dimensions de la cuisine. Il est fier d’avoir bossé plus de 2 années aux côtés du chef marseillais Noël Baudrand (Piège, Bras, Amat…) au « Relais 50 » depuis 2015, Vieux-Port. Difficile d’en savoir plus, cette jeunesse très occupée est très prise. A coup sûr, les blogueurs influents (ou pas) ainsi que les guides parisiens modeux en recherche permanente de sang neuf et d’exotisme provençal devraient rapidement référencer la boutique posée à un jet d’olive des Réformés.