La CrÊperie D’Émilie

1.5

Au milieu de la foule en folie d’un début d’été agité avec ses taules à bouffer en furie devant un front de mer où déjà le touriste en tong et huilé se fait harponner la CB, j’ai cru à l’aubaine avec cette mignonne crêperie dont on pourrait rêver dans nos nuits les plus folles, elle est si jolie la boutique d’Emilie.

Je ne suis pas le seul à tomber dans le panneau, le panneau de la crêpe, son odeur et ses fantasmes. La serveuse était vraiment accueillante, soutenant d’emblée l’idée du bon plan supposé. C’est ainsi mes frères que j’allais bientôt être fier de faire découvrir à mes lecteurs chéris « La Crêperie d’Emilie ». Sauf que la « complète », la fameuse galette complète, c’est pas ça du tout. Certes, sagement plié au carré et sans le moindre chichi autour (ni salade, ni tomate, ni maïs, rien) et c’est tant mieux. Le problème: elle est tiède, et le fromage en abondance forcément durci oblige à trop mâcher, et le jambon en quantité calculée par un cabinet comptable certifié est grammé. La pâte n’est pas du 100% blé noir, mollasse et sans nerf. 11/20 et 7,2€.

Mollasse comme la « beurre sucre » au froment, pas assez cuite comme si souvent, timide beurre tout juste demi-sel, sur la retenue, cantonné dans un strict rôle alimentaire où est exclue la moindre envie de faire plaisir au consommateur. Vraiment, le comptable exagère. La routine de la crêpe qui flingue le fantasme, le cantique de la galette amorphe. 10/20. Et c’est pas le pichet de cidre brut éventé-débullé vendu 5,7€ qui fait remonter la moyenne du très décevant moment.