La Brise

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Encore un changement de taulier pour cette adresse plein centre, rues piétonnes.

Curieusement, malgré des tarifs bien haut-dessus de la moyenne et des cuisines qui tiennent plutôt la route, elles ne durent pas. Généralement le signe d’un loyer élevé. Enfin bon. On n’est là pour manger et narrer, pas pour une analyse comptable. En tenue estivale Mauricette est équipée de ses plus belles tongs à talons-aiguilles. Déjà que sur le plat c’est comme sur la piste noire de l’Alpes d’Huez alors sur les pavés… Bref! Etablissement en coin de rues, deux petites terrasses. Dedans est visiblement inaccessible. La dame est souriante, le serveur cordial. Le patron cuisinier discute avec un attablé, nous remarque mais ne salue pas. Chacun son boulot, voyez le service. Nappages coton blanc, serviette papier.

Entrée 12€, plat de 20€ à 35€ dont un magret vendu 26€ (j’espère qu’il est servi entier à ce tarif), 3 desserts entre 6€ et 8€. Et puis ma formule 22€ avec le plat du jour « salade au thon blanc » et une entrée au choix à la carte. J’ai choisi « tartare de thon sauce thaï et kiwi », histoire de faire ton sur ton. Le tartare est frais, généreux. Etonnante qualité de poisson. Un radin bout de peau de citron vert avec si peu de pulpe. Un quart de kiwi coupé en 4 pour la déco, étiquette papier encore collée sur la peau en prime. Et une sauce soja qui n’a rien de thaï, sinon ma déception qui l’est. Ni citronnelle, ni gingembre, ni basilic thaï… rien, sauce éteinte. 12/20 pour la qualité du poisson. Le plat du jour est un peu long à venir: « salade au thon blanc ». Pas radin! Trois morceaux mi-cuits découpés indélicatement mais généreux de la portion! Salade verte, une rondelle de tomate rouge, une rondelle de tomate verte, deux asperges vertes, une carotte coupée en deux, deux petits maïs en conserve. 14/20.

Mauricette vise les « gambas et légumes sautés, riz noir et sauce thaï ». 4 petites gambas poêlées, mêmes légumes que ma salade, sauf les asperges. Fond de jeu dans l’assiette creuse: le riz. Il baigne considérablement dans le gras. La sauce n’est pas de taille, beaucoup d’huile mais ni citronnelle, ni gingembre, ni basilic thaï… Je me répète, donc: sauce éteinte. Dommage pour 22€. 12/20. La porte de la cuisine donne sur la rue et du coup, la rue renifle l’huile brûlée et la fumée: mais que fait la hotte? Les toilettes vétustes sont à l’étage juste au-dessus et du coup, tu en ressors parfumé à la friture sur la liquette et dans les bigoudis. Tout ça ne serait pas bien gênant si les tarifs n’étaient pas si élevés et cette cuisine à la mode thaï usante: allez chez les rares originaux qui savent la pratiquer.