La Bella Ciao

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Changement de propriétaire! Avant, ça s’appelait « le Gasquet »: cuisinier adroit qui en avait sous la pédale.

Les nouveaux sont cordiaux et du genre à sourire plein phare quand se pointe le chaland. C’est quand même important dans le monde de brutes où c’est qu’on vit, le sourire. Sourire qui m’a suffit à porter le souvenir d’un agréable moment. Bref! Le style de cuisine serait made in Italie, ce qui nous ravi, petite Marie. Les pizzas ont l’air appétissantes, mais la carte évoque la Botte: carpaccio de bresaola, antipasti, scalopine alla milanese, scalopine alla melanzane, filetto (de bœuf) al gorgonzola, pesce spada (espadon) alla calabrese, piatto del pescatore, une dizaine de pâtes, lasagnes ou risotto. Pas de quoi s’ennuyer. Et puis un menu à 21€ digne d’intérêt, en tout cas à lire.

En effet, du choix dont en entrée, « antipasti légumes ». Un assortiment de légumes annoncés « grillés » avec une demie mozzarella de buffala qui remplace au pied levé la burrata annoncée. Tomates séchées, courgettes et poivrons de toutes les couleurs, champignons coupés en quatre: tout est sorti d’un bain d’huile mais pas grillé. Surtout pas l’aubergine quasiment crue. Et l’aubergine cru, c’est une horreur. Le reste est amusant mais ne dépasse pas le moyen: 12/20. Le plat. La générosité de la mama italienne est totalement absente de « scalopine al marsala ». Une escalope de veau au marsala, câpres et citron. Pâtes à la sauce tomate, des linguines cuites à l’idéal. Aubergine parmesane… l’aubergine n’est toujours pas cuite, mais le fromage fondu rattrape. Bien que peu copieuse, l’escalope est une véritable escalope, effectivement poêlée au marsala mais non saisie, pâlotte. Faut se pencher dessus pour sentir un peu l’odeur du célèbre alcool transalpin. Pas de sauce, rien. Sauf un zigouigoui artistique de vinaigre balsamique pour faire joli dans l’assiette. Encore un 12/20 laborieux.

Le dessert était au choix mais j’ai peut-être eu tort d’assurer mes arrières en évitant les canoli, pannetone, tiramisu et tutti quanti. Alors « gelato italiano all amarena ». Enfin, deux simples boules de glace parfumée à l’amarena, cette grosse cerise totalement absente ici. Mais la liqueur compense bien la carence. J’y suis allé de mon 14/20 pour finir sur une note d’optimisme. Le café demandé ristretto est apporté long dans un verre. En plus, c’est du Henri Blanc. Ce qui dans un restaurant qui se revendique de l’Italie… est fort de café! Mais le pain est bon. Un mignon moment passé dans un endroit équipé d’une sympathique jeunesse. Faudrait juste qu’elle évite les méthodes de travail des franchises dites « italiennes » pour durer.