La Batida De Coco

3.5

En repérage cinématographique pour tourner la « Légende des Siècles » avec Mauricette, on ambitionnait de se palper un moment de table chez Michel Chabran, étoilé local depuis 40 ans.

Vu l’heure à laquelle on aurait pointé nos museaux affamés, nous reverrons finalement à la baisse nos prétentions gastronomiques en tombant ici, non loin de la cible initiale. On ne regrette pas, même si le genre est totalement différent. Une bâtisse « hôtel-restaurant » mussolinienne des années 70 en plein champ, comme les motels des films américains des années 80 avec des voitures de service étiquetées au nom des sociétés, des utilitaires en rang d’oignons. A l’accueil et malgré l’heure avancée, on nous a fait des risettes comme si on était content de nous voir, ce qui m’a mis de bonne humeur.

Mauricette, c’est la photo en tableau de Brassens à côté de notre table qui l’a mise de bonne humeur, ce qui n’est pas rien. Et puis aussi posé à côté du journal local, un bouquin sur Jean Ferrat, le voisin d’en face à qui on pouvait faire coucou en regardant l’Ardèche au loin. Bref. 14,50€ le menu complet avec café, pas d’autres choix. Avec un « buffet d’entrées » honnête et classique, plutôt légumier. La mayo est industrielle mais parmi les banales charcuteries figure une très bonne caillette. 14/20. Je vous rappelle que vu notre heure d’arrivée, on est en fin de service. Du coup, le plat du jour qui semblait être une blanquette, est épuisé. A la place, nos deux plats: « filet de limande panée façon meunière » et « escalope de dinde panée ».

Les deux sortent du congélateur, pas brillant mais roboratif en diable. Frites pas maison mais pas grasses. Le meilleur est l’accompagnement de la pâle limande: un excellent riz pilaf grassouillet, et des haricots verts frais au beurre. 12/20 pour la dinde de Mauricette (je veux dire son plat) et 13/20 pour mon poisson. Belle surprise avec les desserts maison, une fameuse « tarte aux abricots » avec une pâte du jour et des abricots sucrés du coin (on est cernés par les champs) à 14,5/20. Et une « crème brûlée » cuite au cordeau, onctueuse à 14,5/20 encore. Rare que dans ce genre d’établissement les pâtisseries relèvent la moyenne! Bravo! Le café ne vole pas bien haut, le service est familial et souriant. Bonne affaire économique pour les familles avec des gosses qui veulent éviter les franchises sur la route des vacances. On les encourage à poser le camp à « La Batida de Coco » qui est le nom d’un cocktail brésilien, il me semble.