Kashmir

1.5

On trouvait curieux la spécialité indienne non représentée sur Bandol, voilà la carence colmatée.

La dame ne nous a pas vus arriver, mais c’est surtout à cause de la configuration de son curieux établissement, tout en longueur. Un petit menu le midi, une carte pas donnée. Avec Mauricette, on voulait avoir un résumé des entrées. Le « plateau Kashmir » semblait adapté à la situation en dépit d’un tarif élevé, mais faudra voir à l’usage comme on dit. On l’a attendu 45 minutes avant de l’avoir sous le pif. Du coup, on a largement eu le temps de consommer entièrement nos pains nan rapidement arrivés sur table. Chers (aussi)(3,5€ nan fromage) et bien moins intéressants que ce qu’on connait déjà par ailleurs. On en aurait bien commandé d’autres pour accompagner notre repas.

Mais à ce prix… 22€ le plateau avec 8 misérables bricoles en duo: raita (yaourt aux tomates, concombre et cumin), pakora (beignets d’aubergine dans farine de pois chiche), onion bhaji (lamelle d’oignons frites en beignets), fisk pakora (beignets de poisson pois chiche), sheek kebab (viande de bœuf haché), lamb tikka (agneau mariné cuite au tandoori), chicken tikka (idem poulet). L’ensemble est long à lire mais court dans l’assiette et pas très intéressant, sinon la sheek kebab. A 22€ la rigolade, c’est plus un coeff’ pour le restaurateur, c’est un hold-up organisé: 11/20. La dame au chapeau vert poursuit avec « agneau shahi korma », autrement dit un curry d’agneau avec noix de cajou, amandes et pistaches. Viande correcte qui baigne, sauce orange très liquide et plus pimentée que de coutume 13€ 14/20. La déception vient surtout mon « biryani poulet ». Autant le riz basmati est cuisiné de façon adroite, grassouillet ce qu’il faut et parfums épicés. Autant les gros morceaux de poulet ont le sale gout de poulet pack de qualité industrielle.

Sans tomber dans le poulet fermier inutile dans ce genre de préparation, réviser cette viande me parait approprié. Surtout à de tels tarifs: 15€ pour 11/20. Vu le repas, on laisse tomber les desserts. On constate avec étonnement qu’ils sont deux cuisiniers alors qu’avec Mauricette on relativisait sur la vitesse de lente sortie des plats malgré la douzaine maxi de clients dans la petite boutique. Quelques signes considérables que nos nouveaux restaurateurs sont arrivés à Bandol pour faire fortune: la SanPé est vendue 7€. Boum. Bon moment toutefois avec une jeune direction sympathique, mais prestation surtarifée vu le niveau de cuisine. Direction qui devra être vigilante: plus qu’ailleurs encore les bonnes réputations à Bandol sont difficiles à naitre autant qu’à perdurer.