Holiday Inn Toulon
Restaurant L’Observatoire

0.5

Hôtel contemporain 4 étoiles, vitres et béton. Je demande à la demoiselle de l’accueil déguisée en hôtesse de l’air s’il est possible de déjeuner: « ouiiiii, bien sûûûûûr ».

Tu m’étonnes. On en tient un, on ne va pas le lâcher. Une fois attablé seul dans la grande salle qui résonne grâce à BFM-télé qui déroule ses bavardages en boucle, une avenante jeune femme vient droit vers moi… pour m’informer que les cuisines sont fermées. J’ai bien ri, on me l’avait jamais faite celle-là. Alors pour que je reste, elle dégaine la carte « snacking room-service ». Autrement dit, la carte des propositions habituellement servies en chambre: j’aurais dû rester couché. Enfin bon. Elle est adorable, cette jeune femme au service. Adorable et polyvalente: c’est elle qui cuisine: 5 entrées de 6,5€ à 16€ (la fameuse salade César), 4 plats de 16€ à 19€ (suprême de pintade rôti sauce au foie gras de canard), et 5 desserts de 6,5€ à 8,5€ (fromage blanc faisselle).

J’ai joué le service minimum vu les tarifs et la probabilité estimée d’un repas bancal. Plat direct avec « poulet tikka ». Une spécialité indienne cuisinée de plusieurs façons. Généralement les morceaux de poulet marinés sont censés être grillés au four, le tandoori. Et la sauce: mélange d’épices, crème, tomate… Ici, la sauce toute prête n’est pas mauvaise, les industriels ne sont pas fous et l’épice est flatteuse. Le problème c’est le poulet. Un bloc duraille encore froid, mal réchauffé. Non seulement il n’y a pas de cuisine, mais l’assemblage bricolé est maladroit. Dans la même assiette, de la verdure patauge un peu. Des bouts de légumes froids (carotte, poireau) cuits à l’eau. Du poivron cru et de la tomate, quelques feuilles de salade verte en sachet avec de la vinaigrette en bouteille. Grâce à la purée certes un peu lourdement chargée en huile d’olive mais sans doute rendue agréable par contraste avec les conjoints solidaires de l’assiette, je note à 9/20. 16€ pour le prix.

Aucune illusion avec le fondant au chocolat et la tarte aux pommes de la maison. J’ai pas dit « maison », hein. Je laisse tomber. Le directeur de salle est cordial et confirme la belle qualité général de personnel. Je regrette (une fois encore) que ce genre d’établissement hôtelier fasse impasse sur une cuisine de qualité, 4 étoiles quand même. Je sais que la restauration n’est pas leur cœur de métier mais alors: pourquoi évoquer l’existence d’un « restaurant »?