Grand Hôtel des Sablettes-Plage
La Galerie

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Une des adresses de Stéphane Lelièvre, multi-restaurateur varois et désormais hôtelier à la Seyne-sur-Mer.

Le grand jeu, une enseigne de prestige: celle du bar-restaurant de l’hôtel Hilton. Des britanniques à l’accueil. 3 ou 4 couples ronchonnent, valises à bouts de bras: le fameux flegme a ses limites. Vu le pédalage d’un personnel visiblement dépassé, avec Mauricette on ne nous a pas vu, nous autres produits locaux (un peu) périmés. Le duo de réceptionnistes a d’autres chats à fouetter. Alors on s’est avancé timidement, pas à pas, penchant nos têtes par des portes ouvertes… Tiens? Toujours personne pour accueillir. Finalement une jeune femme nous mène dehors: magnifique jardin face à la Grande Bleue, platanes pour l’ombre et plantes vertes plus ou moins exotiques. Pour l’assiette, le mot d’ordre de la maison: « lounge, naturalité et finger fooder ». La définition initiale de « naturalité » (la terre et sa communauté de vie ne sont point entravés par l’homme, où l’homme lui-même n’est qu’un visiteur de passage) est ici concept inspiré de la propagande marketing d’Alain Ducasse qui prétend flirter avec l’écologie.

Formule 28€ et menu 38€: tarifs à la hauteur du standing supposé. « Comme un rouleau de printemps au tourteau », mélange de pousses amères, vinaigrette Wasabi pour la dame au chapeau vert. En bouche c’est bien, mais le rouleau flotte sans tenue, trop souple. 14/20. Mon « saumon et Mahi-Mahi fumés par les Pins Penchés » est servi avec un généreux verre de crème double d’Isigny AOP (un bonheur), un gressin et un quart de citron vert d’occasion à la peau déjà frottée par une râpe. La classe. Faut pas gâcher. Saumon fumé bien, dorade coryphène trop sèche et salée. Entrée beaucoup moins copieuse que sa photo sur le site internet de la boutique. 12/20 quand même. Ça coince sérieusement pour nos plats. Mauricette voulait se régaler du « dos de saumon et légumes en papillote » fregola sarda torréfiée. Préparé à l’étouffée dans une feuille de cuisson en plastique. Saumon blanchi par une cuisson trop poussée, immangeable. Dur comme du thon en boite. Quelques légumes très mous aux couleurs éteintes, et les fameuses pâtes sardes dans une mixture façon purée. 6/20, c’est vous dire le désastre! Un accident est toujours possible mais deux, c’est une philosophie de travail!

Voilà donc ma « coryphène en cocotte râpé de fenouil » avec tomate, mangue et pomme de terre à l’huile d’olive cherche à séduire l’œil. Du cru mélangé avec du cuit, du froid et du chaud, du sucré-salé… aucune harmonie… et aucune pomme de terre! Poisson trop cuit et dur là encore. Loupage intégral! 7/20. Bilan: aucune maitrise du « chaud ». Rappel: formule vendue 28€! Avec serviettes en tissu et mises en bouche remarquables: olives taggiasche, noix de pécan caramélisées, noix de cajou à l’huile de truffe, amandes. Mais aussi des couverts malpropres, et même un verre sale et une drôle d’explication: « c’est la faute au pamplemousse du petit-déjeuner ». Quel coquin ce pamplemousse… Bref! Dans le cadre de « la naturalité » la maison se vante de proposer des « produits locaux ». Saumon, coryphène (probablement congelée ici), olives taggiasche, noix de pécan, fregola, ananas, ricotta, grana padano… Quoi d’autre? Café 4€. Personnel pas heureux, crispé. Mystification, mais mystification de standing tout de même. Qui n’empêche pas les frères Ripolin de la critique culinaire Jacques Gantié et Gilles Pudlowski de glorifier l’entrepreneur Stéphane Lelièvre. Tandis que les boutiques du groupe se font flinguer sur Tripadvisor et le site Michelin: après l’anesthésie sous le formidable panorama, les clients se réveillent.