Gaudefroy Le Bistrot

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Belle machine (à sous) en marche depuis fin d’été 2018, attenante au récent Casino de jeu de Sanary (groupe Vikings Casino) éloigné des hordes plagistes.

Parking pour voitures longues et larges, entrée flambeuse comme si j’étais roi du pétrole avec Mauricette, fourrure en poils de Bisounours et talons-aiguilles acérés. Accès commun au strict Casino, un classique obligé. L’esprit hall de gare, un peu impérieux mais chic, stoppe net à l’entrée de la grande salle de restaurant: accueil remarquable du personnel! Il vous installe presque où vous voulez, beaucoup d’attablés mais beaucoup de places restantes aussi, c’est vous dire si c’est spacieux. Ambiance chicos moquettée, grande façade vitrée, un luxe façon croisiériste avec les oliviers et les pins à la place des vagues, ou des glaçons si c’est le Titanic: on verra à la fin. Personnel volontaire et service soigné, toutefois non exempt de cafouillage.

Ce qu’on y mange? Une formule à 15€ le midi sauf dimanche et jours fériés, un menu à 32€ avec alternative à chaque étage, une carte 4/5/4 avec entrées dès 12€ et plats dès 22€. Et si vous ne trouvez pas verre à votre pied, vous êtes miro: belle carte des vins aux tarifs presque sages comme un Condrieu à 49€. Bref! Pénible: le serveur prévient que les linguines aux palourdes sont aux abonnés absents au moment où il vient prendre la commande, tant pis pour lui, il reviendra. Dis-le avant coco, tu gagneras du temps. Menu 32€ avec « crémeux de chèvre noix, aubergines confites et palette ibérique ». Jolie assiette ou l’essentiel est planqué sous des pousses d’épinards, des chips et des tomates cerises. Terrain de jeu déblayé à la fourchette, c’est bon, ça donne envie de ne jamais finir l’assiette. 15/20. Le plat « magret de canard, gnocchi maison, jus de poule et parmesan ». Un demi-magret d’ailleurs suffisant, alignement de gnocchi poêlés (ouééé) avec pousses d’épinards (encore). Entre, bouillon de poule lié et crémé. C’est bon, encore. 15/20.

Pendant ce temps, Mauricette mange avec les doigts un « fish en chips revisité ». Belle générosité sauf que l’idée est infiniment trop huileuse. A la place des frites de pomme de terre, des légumes en beignets. Pas idiot, mais point de vue gras, ça fait trempette. Une pâte à tempura serait plus sage. Pour le poisson, ça passe, sauce tartare impec. 12/20 pour 17€ quand même. Mon dessert du menu « entremet Gaudefroy ». Une demi-sphère très colorée à trois parfums, on dirait un dessert pour enfant, trop sucré, comme une caricature. Base génoise, du fruit dedans, on dirait. Un peu déçu, 12/20. Très bons points: assiettes amenées chaudes et toutes les viandes sont françaises… sauf la Black-Angus (qu’on trouve en France désormais)! Malgré quelques anicroches de cuisine et de service parfaitement réglables dans le temps afin de se dégager de l’esprit « traiteur » historique de la direction, voici une maison très recommandable. Et qui devrait attirer la foule vu le piteux état des lieux culinaire du centre-ville. Et puis un Casino avec une vraie cuisine, c’est rare.