Friterie D’Anvers

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J’y suis entré comme s’il s’agissait d’un restaurant vu le souvenir d’un prédécesseur doué.

Or nous sommes loin du compte. Un snack à peine amélioré avec tabourets, chaises et tables dans une rue du côté de la gare qu’on m’avait annoncé comme « restaurant ». Une banque réfrigérée avec un tas de produits en cours de décongélation: saucisse, fricadelle, brochettes diverses, beignets variés… que suis-je venu faire dans cette galère? A côté, une douzaine de gros pots de sauce industrielles suspendus tête à l’envers qui attendent la traite. Des boites de conserves exposées sans complexe à l’œil du chaland et à la carte, des burgers et autre malbouffe sous toutes ses formes qui font le bonheur du cholestérol et des médecins spécialisés. Une horreur.

Au lieu de taxer le bio et tout ce qui tire vers le haut, faudrait taxer ce genre de boutique qui creuse le déficit de la Sécu. Enfin bon. N’empêche que les frites fraiches sont peut-être les meilleures de la ville. Ça, on peut pas dire. Deux bains, joliment colorées par la graisse de bœuf: on ne transige pas avec la tradition. 14,5/20. J’avais demandé le « filet américain » préparé à la belge, m’est arrivé un énooorme sandouiche avec un pain correct tartiné de purée de viande épicée couleur orange sorti d’une barquette toute prête. Dedans avec: oignons rouge, tomate de janvier. Roboratif à souhait mais comment voulez vous que je note un truc pareil? Hors concours!

Des clients ce jour-là, je devais être le plus mince. C’est vous dire les dégâts. Je m’en suis tiré pour 10,40€ et confit dans une odeur de friture des talonnettes jusqu’à la casquette. Seule ma parka de saison heureusement laissée dans mon véhicule échappera au doux parfum caractéristique. Vitre ouverte pour rentrer et shampoing obligatoire à la maison sous peine de dormir dans la baignoire. Je ne vois aucun autre commentaire à ajouter.