Fratelli

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Il a fallu que le caissier me ponctionne 1€ sur l’addition: plat affiché 15€ et facturé 16€.

Vittorio de Sica et son « voleur de Bicyclette » sont des petits joueurs. Alors évidemment, ce genre de mésaventure se produit uniquement lorsque vous payez votre repas et êtes dans l’anonymat le plus intégral. Les blogueurs comme les publicitaires se foutent intégralement de ce qu’ils mangent et des lecteurs. Même: est-ce vraiment important pour leur business? Les lecteurs? Ouahahah… laissez moi rire! Qu’est-ce qu’il comprennent à la cuisine les lecteurs? Rien ou pas grand-chose! Bon allez. Je me calme. D’autant que ya pas loin que la cuisine soit intéressante. Cadre pensé avec de gros investissements dans le décorum, pléthore de personnel (5 derrière et 5 en salle) à l’italienne avec accent véritable ou surjoué, histoire de la jouer couleur locale. Le jeune qui s’occupe de mon cas est un véritable italien, a du mal à s’exprimer. Je m’attache vite, je l’aide à trouver les mots. Pour m’expliquer le modèle de pâtes en rayon, il ira même en cuisine me chercher des échantillons. Sympa, vraiment.

Le midi, carte réduite. Un peu de folklore avec « pastasciutta della nonna Olga », on se croirait dans la salle à manger de Gina Lollobrigida. Sauce tomate, haché de bœuf, cèpes. Arrive en moins d’une minute. Redoutable! Ya une centrale nucléaire en cuisine! Très bonne idée d’amener un poêlon en fonte avec des oreilles: les pâtes restent chaudes tout le long. Elles seraient « maison », cuisson al dente avec semoule dure, des « caserecce ». Dans la sauce, je n’ai pas senti ni vu l’ombre d’un cèpe. J’avais pourtant évité le parmesan râpé pour ne pas parasiter. A la fin, je l’ai gouté: une merveille fruitée. 15€ et 11/20. Je lorgnais le sabayon au marsala (j’adore ça) mais je me replie sur le « café gourmand ».

Une crème brûlée à la lavande, elle ne joue pas l’harmonie avec la panacotta aux noisettes du Piémont trop figée. Tiramisu du jour, un peu gras mais fidèle. Ensemble à 14€ à l’aise, du fait maison indéniable. 14/20. Bravo pour le café Illy, le meilleur à mon avis pour un resto italien. Voilà. On ne juge pas utile de donner du pain à table, ni même de focaccia. Mais on vous inonde d’un marketing axé sur la prose qui violone sur les odeurs de cuisine d’enfance et de souvenirs lointains pour attraper le chaland romantique. Maison à qui il ne manque pas grand-chose, sinon de vrais sentiments. Et puis j’ai payé au comptoir et comme je disais au début, l’encaisseur l’a joué Franck Nitti du ravioli en m’escroquant de 1 malheureux euro. La classe à l’italienne probablement. Ah oui: ex-Malthazar.