Le Dragon D’Or

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Pulsion de cuisine asiatique pour Mauricette.

Retour ici: le niveau de cuisine a baissé depuis notre test de 2015. Curieux pour une table installée « depuis 1988 ». La qualité de l’accueil n’a pas tellement baissé: elle était déjà très basse. Deux messieurs en salle: un vêtu de noir que vous ennuyez prodigieusement, probablement le patron. Du grand rare, haut niveau. Un autre vêtu en gris qui parle fort dont on ne comprend rien de ce qu’il dit quand il amène nos assiettes. Salle copieusement remplie ce soir d’été, remarquable pour un établissement sans terrasse éloigné des plages. Déjà choisie ici par Mauricette, l’ « assiette mélangée » est pratique pour voir, se faire une idée des fritures. Nems au-dessus de la moyenne (poulet-crevette bien mieux que le porc), beignets de crevettes assurés, raviolis frits secs. 12/20. Je souhaitais l’entrée « crêpe saïgonnaise ». C’est vrai quoi: on prend toujours les mêmes plats…

Stylo au garde à vous, le taulier (en noir) me dit « non, c’est trop long » d’un air sévère qui fait peur. Je réponds « j’ai le temps ». Ça ne le fait pas rire. Il ne doit pas rire souvent, remarquez. Comme je ne suis pas tellement courageux et qu’il fallait sortir de l’impasse, je lui soumets alors une idée de génie: me servir l’autre crêpe possible, la « tonkinoise, crêpe de riz garnie avec de la viande de porc hachée et des champignons noirs », s’il veut bien. Pas de réponse, il part. Ça voulait dire « oui ». Servi, c’est mauvais. Point de vue produits c’est très radin de la viande (tant mieux) des granulés épars de viande bouillie et du champignon noir rare haché. Dessous, plein de pousses de soja. Dessus, plein de lambeaux de porc industriel reconstitué façon mortadelle de contrebandier. 7/20 pour 7€. Mon « bun-bo-nem » avec vermicelle de riz, bœuf et nem. Décevant malgré la viande de bœuf dure, heureusement taillée en fines escalopes bien cuisinée. Nem porc trop gras. Au fond, les vermicelles au gout d’eau collent. Plein de soja cru, encore. 11/20 et 8€.

Plus de bonheur pour Mauricette et son « porc sauté thaïlandais » servi avec riz blanc « gratuit », ce qui est rare dans un resto asiatique. Porc taillé comme le bœuf, sauce curry vert et lait de coco, ça déménage. Bien car sauce flatteuse, mais non cuisinée comme un plat thaï: « le Dragon d’Or » est sino-vietnamien. Alors que je n’ai jamais vu un resto thaï pratiquer la cuisine viet. Enfin bon. 13/20, cela dit: seulement 6,9€. Epilogue. Faut aller payer à la caisse. L’homme en noir pas du tout gai comme un italien quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin, édite un ticket avec sa caisse automatique obligatoire puis la glisse dans un tiroir. Il me gribouille dans la foulée une note manuelle, fait semblant de calculer la TVA en tapotant sa grosse calculette. Je fais remarquer que le montant de cette TVA est faux. Et là, une perle: « je la calcule à peu près à l’œil ».