Comptoir Corse

3.5

Plein ou presque. Bon d’accord, c’est pas grand mais quand même: bravo.

Beaucoup de bruit ce midi à cause de collègues piliers de comptoir (corse) qui chahutent un peu et d’une table virile de copains qui trinquent à la bière Pietra. J’ai repéré la passion du patron: beau choix de vins Corse en rayon! Y en manque pas beaucoup à l’inventaire! Bref! Du boucan ajouté au boucan avec la musique mais heureusement, Mauricette est sourde comme un pot. Et dehors, il fait trop frisquet. Pas de surprise pour les plats, on nage en plein AOC de l’Ile de Beauté: aubergine à la bonifacienne, daube de seiche à la calvaise, omelette au brocciu, sauté de veau aux olives, cannelloni du chef et des plats moins marqués comme le filet de bœuf et les côtes d’agneau. Vu le raffut dans les esgourdes, avec la dame au chapeau vert faudra qu’on hausse le thon pour se comprendre sur qui prend quoi.

Impossible de s’entendre pour l’entrée, alors on opte comme un seul homme pour la conventionnelle « planche de charcuterie corse de la région Casinca » située sous Bastia. Les classiques du genre avec saucisson sec, jambon cru, coppa et un délicieux lonzu fumé qui sent le foin et le placard fermé. Jolie qualité de charcuterie. Un cornichon pour deux personnes est un peu court. Mais le pain est bon. Le vin rouge aussi. 14,5/20 pour 16€. Mauricette a envie du « calamar farci à la brousse et sauce tomate, polenta crémeuse ». Elle a bien fait: c’est bon… et copieux! Gros bestiau comme sorti d’un bouquin de Jules Verne! Tendre comme du beurre! Farce de caractère, polenta qu’il faut saler et non crémeuse comme annoncée. 14/20 pour 19,90€ quand même, mais ya du boulot!

Moi: « tagliata de veau »: 4 escalopes d’une viande poêlée très tendre passée au four recouverte de copeaux de tomme corse fondue et de pancetta grillée. Vraiment copieux, trait de vinaigre balsamique qui ne servent à rien, mais écrasée de pomme de terre cerclée titillée par une lichette d’huile de truffe. A l’instar du plat de Mauricette, la générosité est de mise mais pas sûr que de glisser du cosmétique dans les assiettes (balsamique, peau d’aubergine grillée, tomates cerise et autres bricoles) ne pollue pas l’idée de stricte cuisine corse traditionnelle. Bref! Mon plat: 14,5/20 pour 19,90€ aussi! Pas de dessert: on n’en peut plus. Décoration de bois et pierre comme dans une bergerie du maquis. Ambiance d’une belle convivialité au naturel grâce à Evelyne Tortorici, et Stéphane Scala lui-même originaire de Vivario en plein cœur de la Corse. Le cœur de la Corse au cœur du Mourillon, en somme.