Carpe Diem

0.5

On a de l’attachement pour cette adresse où nous nous régalâmes un temps avant d’être déçu.

Un nouveau dans les murs… de pierre: ça s’appelait « Les Bories » voilà une dizaine d’années, puis « le Repère »… On y est bien sous le plafond à l’ancienne, les éclairages chaleureux. Bref! Le patron est accueillant. Pas de menu et un plat du jour à 11€. Il fait ce qu’il veut. Comme des hamburgers à 15€ et 18€, des salades à 10€ et 12€, entrecôte à 18€, andouillette panée à 15€, filet de daurade à 18€… et un « magret de canard » à 17€.

C’est lui. Lui que j’ai pris. On me l’a proposé avec des frites et des petits légumes. Ça me va tant qu’on me prévient, ce qui est fait. C’est long à venir. Le temps d’observer que je ne suis pas le seul à attendre. Une table avec six hommes de chantier costauds s’impatiente: ils ne reviendront pas. Le couple dans le coin, non plus. On pourrait patienter avec un verre de vin, mais le monsieur ne propose pas de boissons. Ce qui est original pour un « bar à vin » annoncé. Il arrive: 50 minutes pour mon magret. Il fait froid dans la salle, l’assiette est froide, et ce qu’il y a dedans aussi. Le magret prédécoupé comme pour qu’il SE refroidisse encore plus vite, mais cuisson respectée. Et froid. Ce magret froid est délicatement déposé sur une soupe de brunoise de poivrons, sploush. Une horreur. Insuffisant pour le cuisinier: il décide de badigeonner son œuvre d’art de balsamique. Il doit penser que ça fait joli.

Arrivé au bout du magret froid, j’ai demandé au patron mes frites qui ne sont donc pas de la sauterie. Il me répond que « faut le temps de les faire, ce sont des frites fraiches ». Elles sont arrivées, j’avais fini de manger. Dans un petit seau trop grand, au fond: elles sont brûlantes et marron foncé. J’en ai mangé un peu, faut bien se réchauffer. Pas question de prendre un dessert, faut pas rigoler. Ni de café. Le patron me facture le magret 18€ au lieu des 17€ affichés. Je lui signale. Oh oui, scusez, je me suis trompé, il me donne une pièce de 1€. Si ça passe…