Café du Midi

1.5

Adresse joyeuse et pleine de vie, bar d’un côté avec accoudés pastissés et de l’autre, des tables alignées dans un esprit bistrot qui prolonge sur une terrasse dont profitent sans restriction les évadés des bureaux du midi.

Voilà qui contribue assidument à mettre une ambiance de village à une rue éteinte. Faut dire que le serveur sait y faire: épatant de tonicité dans son esprit de barman rodé passé avec habileté à la salle de restaurant avec un même entrain. Bref! Et puis moi, j’y ai cru un moment. C’est vrai quoi. Mettons de côté la carte ardoisée avec ses salades à 14€, ses gambas à 16€, son tartare à 15€, sa milanaise à 15€, son carpaccio et son entrecôte… pour écarquiller les mirettes sur une autre ardoise: menu à 14,90€ du jour. Avec « assiette fraicheur » pour entrée, un bric-à-brac différent suivant le client. Perso: taboulé mou et coleslaw tout prêt (chou, oignon, carotte), feuilles de salade fraiche et une tranche de jambon. Tout le reste de l’assiette est recouvert de zigouigouis de grenadine ou un sirop dans le genre. 12/20.

Choix entre le « pavé de cabillaud crème de pesto citronnée » et « pintade et ses lentilles à la provençale ». J’ai pris le volatile. J’ai vu passer à côté le poisson. Les deux assiettes sur-jouent à fond les ballons le cosmétique, le peinturluré et le charabia pseudo-gastro. Avec devinez quoi? Des zigouigouis de sirop de grenadine partout! Quelle manie! La cuisse de pintade est curieusement dressée comme un i, posée sur un lit cerclé de lentilles trop cuites et ternes, à côté d’un coulis dit « provençal ». La viande affiche les symptômes démoralisants du bestiau démoulé de frais d’un pack sous-vide, viande tassée confite et standard de présentation. Toutes ces cuisses de pintades comme des gambettes en l’air qui défilent sous mes yeux sont tellement uniformes qu’on se croirait au Crazy-Horse! Celui qui a déjà cuisiné la pintade pouffera tout autant de l’absence de gras. Plat particulièrement indigeste, je l’ai promené tout l’après-midi. 9/20.

Les desserts sont majoritairement « maison ». Avec notamment un « clafoutis mirabelle ». Indéniablement maison, ya des signes qui ne trompent malheureusement pas. 9 fois sur 10, à la place de la mirabelle la direction a cru bon de fourguer son stock d’abricots secs retrouvé au fond d’un tiroir. Et l’abricot sec voyez, c’est une sorte d’étouffe-chrétien quand y en a trop, surtout quand le client n’est pas prévenu. Mais il connait quoi, le client? Préparation soutenue dans son ambition par un appareil à clafoutis trop cuit, bonjour le pâté. Le taulier n’a pas osé demandé si « ça a été »: l’assiette déchiquetée était à peine entamée! 7/20. Le pain est bon, le café excellent. L’ambiance est sympa. La déception grande.