Busan

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Il parait que le chef en cuisine coréenne bénéficie d’une expérience professionnelle de 20 ans.

Sinon, le contexte est similaire à la plupart des restaurants dits « asiatiques » de zone commerciale: ample parking, salle spacieuse pouvant accueillir les chœurs de l’Armée Rouge, une dizaine de menus possible, et un choix de plats aussi large que la salle de ping-pong de Kim Jong-un. Je fais le malin car je tiens mon stylo en France bien au chaud: courageux mais pas téméraire, le cobaye. Bref. Déjà vu: les menus sont baptisés avec des lettres de l’alphabet: j’ai misé sur le menu J. Avec une entrée qui questionne: « crêpe aux ciboulettes et fruits de mer ». Gras et tièdes, trois miséreux petits carrés qui ressemblent à de l’omelette avec deux moules sur le dos. J’en aurais bien ri si je n’avais pas si faim. Pas de regret à avoir vu que l’autre possibilité était les 3 raviolis grillés au poulet, les fameux gyoza: rarement fait dans les restaurants qui le proposent. Bref! 8/20.

Le plat? « Ragout de tofu (bœuf, tofu, courgette, œuf) » servi avec « un bol de riz nature et des petits mets ». Les petits mets sont très petits pour ne pas dire misérables, ce sont des cacahuètes, des germes de soja, rondelles de concombre cru saupoudrées d’épices mystérieuses. Riz commun. Le ragout ne ressemble pas du tout à la photo. Et comme sur toutes les photos, impossible de savoir qu’on va se cramer la moustache! Que c’est chaud! Le plat est en ébullition quand il arrive! Gaffe à vos gosses! Surtout s’ils sont agités! Jamais vu ça! Gros morceau de tofu-bof, viande filandreuse atone dont le gout a filé dans le jus de cuisson brûlant, épices, et pis c’est tout. Pas d’œuf comme prévu pourtant. Mieux comme ça, si ça se trouve. 11/20. Cela dit, si la chaleur de fin d’été n’est pas une bonne alliée pour ce plat. Pour autant, aucune envie de venir l’essayer en hiver. Et le reste non plus, sauf éventuellement pour se frotter au barbecue coréen, une des multiples spécialités de la maison.

J’évite le dessert, une liste de banalités de sous-traitance dont le poilant « soufflé mascarpone au cassis de Bourgogne ». J’ai craqué pour la « mangue fraiche », l’envie de me laver la bouche avec ce fruit délicieux. Si j’avais su, j’aurais sucé un tic-tac. Mangue mal dépiautée, pas mûre. Pas mangée, le fruit à peine entamé dans l’assiette n’a pas ému le moins du monde le serveur blasé. Tant que tu payes en sortant, on est copain. 6/20 pour 6,9€ quand même. Une déception, et si le jeune patron fait quelques efforts pédagogiques avec le client, ce n’est pas le cas de son serveur particulièrement détaché de ses prérogatives supposées pour la fonction. Busan de Busan, que c’est peu intéressant.