Brasserie du Château

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Face aux vieilles pierres du château et son parking.

Un bar-PMU-brasserie rempli de vie et qui transpire « local », un accueil extra d’une patronne qui carbure à l’entrain communicatif. C’est que généralement, les tauliers calent leur train-train de quotidien blasé sur un tabouret derrière le tiroir-caisse. Là non: monsieur et madame déroulent en salle avec un entrain remarquable et ce si j’ai bien compris, depuis 2015. Bravo, du grand rare d’autant que la boutique fait du 7j/7. Alors que voulez-vous, dans ce contexte avantageux et avec un baromètre à moral avec aiguille dans le positif, je me suis laissé aller. Formule à succès vendue 16€ avec un plat du jour « filet mignon à la normande » et une entrée ou un dessert. J’ai voulu faire le malin en sortant des rails du simple, me suis laissé griser. Grosse entrée, possible en petite: « salade de saumon mariné façon grawlax, crudités, perles de citron, huile d’olive citronnée ».

Une déception à la hauteur du mensonge. Pas du tout un grawlax, mais des tranches de saumon fumé basique, juste aménagées avec les bricoles citées de l’intitulé. Mélange de salade fatiguée, tomate de janvier, râpure de légumes. Ça soigne le cosmétique à fond la gamelle mais c’est plein de vide. Facturé 8€ (la moitié de 16€ l’assiette initiale) mais 9/20 au bilan. Lors de la prise de commande et tandis que je me frottais le menton devant l’ardoise et ses douzaine de plats entre 14,5€ et 25€ la patronne m’a survendu le truc comme le camelot fourgue un peigne à un chauve: « risotto à la truffe blanche d’Alba ». Qualifié d' »exceptionnel » à la craie sur l’ardoise! Arrivé en 5 minutes, une flaque de riz rond basique genre Oncle Bens cuisiné comme une blanquette, mal cuit. Quelques fins copeaux d’une truffe bonne, aromatique. Le minimum pour un plat à 25€ serait de prendre un riz adapté, histoire de ne pas montrer au client qu’on se fout de sa poire de gogo payeur romantique. 8/20 pour 25€.

Hors de question de boire un café, déjà que je viens de casser mon PEL à cause de cette trahison culinaire. Voilà. Les statistiques sont assourdissantes: le plat du jour est souvent le meilleur choix dans une brasserie. Les plats à 25€ et les tentatives non maitrisées d’assiettes plus chères n’existent que pour faire décoller le « ticket moyen » de la boutique. Pourquoi pas, mais faut du fond de jeu, pas des simagrées culinaires. Bref! Ce qui me paraissait être une envie de régaler avec sincérité le client de la part d’une direction enjouée n’est au final que « comedia del arte » pour alimenter le compte en banque.