Le Bistro A CÔte

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L’accueil est un écueil.

Le personnel porte les symptômes du surmenage, déroule avec la conviction d’une caissière à Disneyland. Tu viens vivre des sensations d’assiettes chez le grand Rabanel, tu prends des baffes. « Bonjour!.. On peut manger? » Paf! Au bout de la terrasse, loin. Je voulais manger à l’intérieur mais l’adjudant-chef en décidera autrement. Je ne parle pas de Mauricette, mais du Maitre d’Hôtel. Quelque chose ne tourne pas rond dans la maison: de la tristesse, comme si le personnel voulait être ailleurs. On sent bien le sourire obligé et la souffrance. Vous allez faire pipi: aucun personnel croisé ne sourit ni ne salue… sauf un jeune cuisinier au comptoir! Un p’tit nouveau qui vient d’arriver! T’inquiète! Il sera vite mis au pli. Bref! Le menu à 32€ propose beaucoup de choix contrairement à beaucoup de « bib gourmand »: 4 entrées, plats et desserts. Mauricette se régale de « pissaladière d’à côté ». De la délicatesse croustillante, ail finement dosé. 15/20.

Moins de son « effeuillé de cabillaud, brandade et salade de fenouil ». Impeccable de cuisson et d’assaisonnement sauf que voilà: l’ensemble patauge de façon caricaturale dans une soupe rouge au poivron. L’intitulé ne prévient pas, le personnel non plus. Pourquoi faire? Et Mauricette qui ne digère pas le poivron depuis sa 1ere communion… 12/20. Pour moi, entrée créative avec « impression de pastèque et thon mariné ». Sûr qu’on ne s’étouffe pas avec la matière première, même si ici la découverte fine prime sur le roboratif. 14,5/20. Généreuse « épaule d’agneau confite, purée de pommes de terre, jus d’agneau au thym ». Assiette familiale rustique, gourmande. Sauce épaisse gorgée de sucs, ronde. Une flaque comme chez Mauricette! C’est vous dire si ça baigne! Sauce au pistou en prime, si vous aimez les sauces… 14,5/20!

Les desserts remontent le niveau, sans aller chercher midi à quatorze heures: « abricots rôtis au romarin, crème glacée aux bâtons de vanille » et « tarte citron, sorbet passion » sont des réussites de sobriété, limpides et axés sur le fruit. Bravo: 15,5/20. Les à côtés: les toilettes puent, et il y fait très chaud. Notre jeune serveur porte une tenue classique de serveur… avec fond de culotte usé et absence de ceinture au pantalon. Il amène notre bouteille d’eau dans un seau sans glaçons mais avec des capsules de vin d’occasion au fond. La bouteille, tu la prends du bout des doigts tellement qu’elle est sale, je serais curieux de voir les frigos. Repas honnête, mais si Michelin accole un bib gourmand à une telle prestation, j’aime autant vous dire que les bibs gourmands pullulent! Et qu’on ne me parle pas de « philosophie culinaire et humaniste » comme le dégouline sans sourciller le Gault et Millau, parfait suceur de roue du Michelin pour l’occasion. Secondés par l’intégralité des blogueurs à la mode: déférents avec l’étoilé, intraitables avec le sans-grade.