Au Grain De Sel

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Le nouveau propriétaire est calé devant le four à pizza.

Il est sympathique, il aurait même embauché la non moins sympathique fille des précédents tauliers. Autrement dit, tout le monde est sympathique. L’adresse n’ambitionne pas de se glisser dans le top 50 des adresses incontournables des Alpilles mais on me chante aux oreilles que « le nouveau proprio est super », qu’on va voir ce qu’on va voir. Alors on a vu. Enfin j’ai vu et j’ai aussi goutu, Lulu. On suggère à la direction d’éviter de crier sur les toits que « les produits sont frais et la cuisine maison » comme un refrain lancinant. D’autant que la serveuse m’avoue tout sourire que peu de desserts sont faits ici. Mais passons. La carte. Les tarifs ont globalement augmenté, formule du jour, café, menu enfant. La qualité, pas vraiment.

Des pâtes, des salades, des fondue, moules et escargots persillés, saumon et gambas, entrecôte et magret. Et des pizzas, plein de pizzas. En fait, il s’agit surtout d’une pizzéria. Notez bien que j’apprécie le genre, mais il est rare qu’un même cuisinier fasse bien les pizzas et la cuisine. La formule à 15,90€ du midi est plutôt maligne et ouvre à possibilités. Comme la pathétique entrée « tomate-mozza ». Tomate en hiver, bienvenu en enfer. Et puis statistiquement, la mozza dans les pizzerias… Bref! J’ai laissé tomber l’entrée pour direct une pizza, en l’occurrence « la Reine ». Elle a de la superficie, c’est déjà ça. Champignons frais, coulis bof, olives comptées mais surtout pâte pas assez cuite. Ce qui est curieux pour un four à bois. Et c’est toujours embêtant pour la digestion sauf pour les bouffeurs habitués au pain Intermarché et aux croqueurs de croissant LIDL. Bref! Du coup, le fromage râpé vaguement fondu posé dessus ne colle pas et fait de la luge. 11/20.

Une « panacotta au caramel » pour finir. Elle ne lésine pas sur le copieux mais est trop chargé en gélatine. Je ne sais pas pourquoi, ça me rappelle la chanson des années 80 « boyboyboy » avec la pin-up dans la piscine. Pour savoir ce qu’est « trop » et une vraie panacotta, allez manger dans un restaurant qui n’utilise pas de gélatine pour ce dessert, c’est rare. 11/20. Le café Henri Blanc a fait des progrès depuis la dernière fois. Le patron nous arrive de Vallon Pont d’Arc, haut-lieu ardéchois du piège à touristes en saison où il tenait déjà un établissement.