Au Chineur

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Tu parles d’un nom pour un restaurant… une des définitions envisageables est « filou qui vole en augmentant frauduleusement la valeur apparente des objets ».

Sauf que vu que je déjeune à l’Isle-sur-Sorgue ville paradis des brocanteurs (et des restaurants aussi), je préfère: « personne qui cherche une trouvaille dans les brocantes et les magasins d’occasion »! Plus adapté. Bref! L’adresse aguiche, la concurrence est rude. Pas encore entré qu’on cherche à vous séduire: verrière à l’ancienne, tables en pieds de machine à coudre Singer de l’âge de Mauricette, chaises en pure tôle ou bistrot en bois simple, plaques émaillées de pub d’antan… chinées par le chineur. Moi, ça me touche quand on me dit avec le sourire: « vous serez bien ici, pas de courant d’air ».

Le reste du repas est à l’avenant, très agréable au service. Et petit prix. En effet: 13€ la formule midi, tarif qui ringardise les pan-bagnats et autres sandouichs. Les « petits farcis » sont deux avec riz, une courgette et un poivron. Deux est le début du pluriel autorisé, n’empêche que j’aurais préféré trois. Je sais: ça fait 50% de plus mais ça me colmatait mieux le coffre à Gillardeau! Le seul reproche qu’on peut faire est le gout du trop peu: 13/20!

La « tarte tatin » est curieuse. Très froide et caramélisée dur, comme si elle sortait d’un frigo déréglé, avant de recevoir un coup de chalumeau sur le pif comme une crème brûlée, voyez? Moi j’ai vu. Un peu raté puisque 11/20. 10€ les 50cl de pichet n’est pas donné mais c’est normal, on tient un commerce nous môssieur. Pas la pire expérience dans le coin propice à remarquables pièges de tables, loin de là. Bon plan pour vous mettre de bonne humeur si vous aimez les services enjoués, mauvais plan si vous aimez une générosité d’assiette ici un peu absente. « Peut mieux faire » comme on dit aux écoliers. Après avoir chiné, on va pas chinoiser.